Peu importe les prétextes, l’exil ne dissimule pas entièrement le goût de sa Terre


Extrait de « Seule la mer » un roman atypique entre poésie et narration d’Amos Oz. (édition poche Folio)

"Silhouettes de frênes", octobre 2014, Terrac, FredBargeoN

« Silhouettes de frênes », octobre 2014, Terrac, FredBargeoN

 » Des olives

Car le goût fort de ces olives qui ont longuement mariné dans l’huile avec de l’ail, du sel, du citron, du piment et du laurier,

exhale parfois des effluves du passé : des pierres fendillées, un troupeau,

l’ombre et le son d’un pipeau, un souffle mélodieux venu du fond des âges.

La fraîcheur d’une grotte, une hutte cachée au fond d’une vigne, un abri dans un champ,

une tranche de pain d’orge et de l’eau du puits. C’est de là que tu viens. Tu t’es égaré.

Ici c’est l’exil. Quand ta mort viendra, une main omnisciente se posera sur ton épaule,

viens, il est temps de rentrer à la maison.« 

 

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Pensée du jour seize février


"Embarcation imminente", extrait de la série "Des autres", fredBargeoN

« Embarcation imminente », extrait de la série « Des autres », fredBargeoN

« Réminiscence d’un matin lointain ; évanescence d’une sensation d’absolu bien être. L’obscurité de la nuit est colorée par l’imminence du soleil. Encore quelques minutes à flotter dans cet interlude ; tous les astres honorent de leur présence le monde encore ensommeillé. J’assiste à une cérémonie. Je suis juché sur des pierres froides au sommet d’une montagne pyrénéenne. Le rose et le mauve colorent l’horizon. Délicatement. En nuance. Comme une ombre de maquillage sur les crêtes qui s’étalent langoureusement. Devant mes yeux éblouis. L’air est sec. Brumes et nuages forment un tapis blanc. Immaculé. Ils recouvrent de ouate les vallées qui dorment encore. Le ciel est si proche que je pourrai le toucher. Spectacle à la fois irréaliste et d’une vérité brutale. Simplement belle. La sérénité, dans un souffle discret, s’infiltre dans mon corps adolescent et lave mon esprit de toutes ses colères.« 

Frédéric B.