Peu importe les prétextes, l’exil ne dissimule pas entièrement le goût de sa Terre


Extrait de « Seule la mer » un roman atypique entre poésie et narration d’Amos Oz. (édition poche Folio)

"Silhouettes de frênes", octobre 2014, Terrac, FredBargeoN

« Silhouettes de frênes », octobre 2014, Terrac, FredBargeoN

 » Des olives

Car le goût fort de ces olives qui ont longuement mariné dans l’huile avec de l’ail, du sel, du citron, du piment et du laurier,

exhale parfois des effluves du passé : des pierres fendillées, un troupeau,

l’ombre et le son d’un pipeau, un souffle mélodieux venu du fond des âges.

La fraîcheur d’une grotte, une hutte cachée au fond d’une vigne, un abri dans un champ,

une tranche de pain d’orge et de l’eau du puits. C’est de là que tu viens. Tu t’es égaré.

Ici c’est l’exil. Quand ta mort viendra, une main omnisciente se posera sur ton épaule,

viens, il est temps de rentrer à la maison.« 

 

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Pensée du jour du vingt huit avril


Ceci n'est pas New York, Montrouge avril 2014, FredBargeon

Ceci n’est pas New York, Montrouge avril 2014, FredBargeon

« L’Histoire collective est comme l’Histoire intime, singulière, ces brins de soi, de nous, d’eux qui confectionnent des bouquets d’émotions, de souvenirs, d’images. D’archives. Amalgames fous de fleurs exceptionnelles, quelconques et sauvages ; parfois urticantes. Histoire collective et Histoire individuelle, si elles sont appréhendées, observées, analysées, évaluées, jugées, jaugées, examinées par un seul bout de la lorgnette, un sentiment d’injustice capricieux né ; se développe en se nourrissant dans le fiel des frustrations, elles-mêmes nourrit au sein généreux de la partialité du point de vue. Partialité qui conduit à des exagérations philosophiques, identitaires et émotionnelles. Masochistes. Partialité qui fabrique, à la pelle, une ignorance et une bêtise individuelle et collective, absolument intolérables.  Partialité qui coupe net les racines d’un panorama à 360 degrés indispensable pour comprendre. Et faire des liens. Il y a, dans les comportements humains et les arcanes institutionnels, une convergence indéfectible de la tyrannie de la victime et du bourreau, l’une et l’autre étant désigné de façon binaire et indiscutable. A vie. Cette obsession de tirer la couverture de la souffrance, de l’honneur, de l’horreur à soi, et seulement à soi, est une tactique pratique pour exacerber la haine, le dégoût. Et assurer la pérennité de la vengeance. Comme si être honnête avec son Histoire et ses Histoires collectives constituaient une trajectoire vers le danger de la sérénité. Le danger de la liberté. Tout un chacun, en tant qu’individu, groupe, communauté, collectif, culture, religion, pays a une part de responsabilité dans les Histoires individuelles et collectives. Et rien n’est exécuté sans intérêt ; il y a toujours des objectifs et des intentions. Quelle que soit leurs envergures. A qui et à quoi sert cette partialité consciente et/ou inconsciente ? « 

Frédéric Bargeon