Relations entre bovidés


Une certaine complaisance se cache derrière la plainte. Réaction impulsive, comme un cri poussé après une chute. Et ensuite, rester persuader que la faute en incombe à un trottoir trop haut (foutus urbanistes), à un déchet abandonné (quel faignant ces éboueurs), à un lacet défait (tout fout le camp avec les usines chinoises), à un gamin absorbé par un jeu imaginaire (font chier les mioches), à un moment d’inattention (mon voisin de palier est insupportable) voilà une spéculation bien aisée. Tout ce qui n’est pas moi est une menace sourde qui pourrait attenter à mon intégrité. Et si, en première instance le danger provenait de nous même ? Par aveuglement, par habitude, par flemme d’évoluer, par crainte de l’avenir, par une peur lancinante de tout ce qui est différent, il est préférable de chouiner sur son pauvre sort, de se sentir attaquer par des éléments extérieurs. Crânement dérangeant ces propos. Moi aussi, j’ai souvent, et toujours d’ailleurs, pleurniché face à des moments de vie que j’estimais injuste pour ma petite personne.

Pancarte municipale à Milly la Forêt, Essonne

L’exemple est volontairement anodin, un peu ridicule mais les rouages du mécanisme de la plainte sont exemplaires d’exactitude dans toutes les situations de conflits : chacun préfère se positionner en victime du comportement monstrueux de l’autre. L’air penaud, l’oeil  affecté, l’introspection devient une hérésie.

La rencontre est la base de toutes relations entre bovidés. Qu’elle dure le temps d’une brève transaction, qu’elle est le visage routinier d’une vie de bureau ou qu’elle soit motivée par une amitié, un désir, un amour, une passion, un désaccord, un conflit des schémas psychologiques se rencontrent, des constructions émotionnelles se percutent. Parfois, ça marche plutôt bien ou au contraire les insatisfactions arrivent en chaîne ; irrémédiablement il est nécessaire d’ajuster, de composer, d’abandonner, de persévérer. Chaque rencontre est parsemée de grains de sel, et une fin se profile quoiqu’il en soit.

Affiche municipale Milly la Forêt, Essonne

Quant aux accidents, aux catastrophes, ces violences ont toujours existé. Elles rappellent que l’homme n’est pas immortel, qu’une vie n’est pas un fleuve tranquille. Une vie n’est ni linéaire ni  prévisible. Il n’y a qu’à regarder notre corps pour comprendre que tout évolue et trépasse.

Tout acte et comportement si minimes soient ils, provoquent une conséquence bienveillante ou nuisible à des échelles diverses, telle l’action de la température ambiante sur le mercure du thermomètre. A chacun de savoir ce qu’il souhaite déclencher et promouvoir et d’en assumer sa responsabilité.

Le mouton noir

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