« Dieu existe. Il est celui que tu désires être un jour », Jamel Balhi


Comme une conclusion après 18 mois de course à pied sur « Les routes de la foi » de Jamel Balhi aux éditions Transboréal. Humilité et amour. Une forme chaleureuse de sagesse.

(R)éveil, Terrac, Ariège, 31 juillet 2015, FredBargeoN

(R)éveil, Terrac, Ariège, 31 juillet 2015, FredBargeoN

page 336 : (du chapitre « Lhassa : ultime sagesse« ) « …J’éprouve seulement un sentiment de plénitude, la certitude d’avoir atteint l’inaccessible. Un rêve réalisé. Aucune récompense ne pourra me gratifier d’une telle victoire sur soi-même et sur les incertitudes du départ. Aucune récompense n’aura autant de valeur que ces petits moments d’amour distillés par des inconnus qui m’ont accueilli sous leur toit. Qu’ils soient adorateurs de la Croix, du Croissant, de l’Etoile, du Trident ou du Vajra, l’amour que portent en eux les hommes est indépendant des symboles, si sacrés soient-ils. Je n’oublierai jamais ces paroles de mon ami Christian Farra de Beyrouth : « 17 ans de guerre et on aime tout le monde. » Au royaume du dalaï-lama, ces mots trouvent un écho singulier. Elles traduisent l’humilité de tous les maîtres rencontrés en chemin. Dieu existe. Il est celui que tu désires être un jour.« 

Personnellement ces quelques mots me bouleversent. Pour quelques instants je m’échappe de la chape de plomb des discours haineux, sectaires actuels. Je m’échappe. Une évasion qui dure plus qu’un instant.

Frédéric Bargeon

 

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Pensée du jour trois mai


Non, cliché de la série "Comme une prise de conscience", FredBargeoN

Non, cliché de la série « Comme une prise de conscience », FredBargeoN

Lettre à mon conseiller financier, au Crédit Mutuel et au système bancaire en général suite à un mail reçu ce jour même, samedi 3 mai 2014.

Ils ont besoin de nous. Mais nous avons nous vraiment besoin d’eux ?

 

Soit ici en PDF : Crédit mutuel

Soit ci-dessous :

Monsieur F,

Quelle immense joie de trouver, dans ma messagerie, un mail de votre part ; cela faisait si longtemps. Un samedi matin devant ma première tasse fumante de café. Au lait. Le réveil est moins doux que d’habitude.

Je réponds donc à votre mail concis qui m’invite, dans une déférence de principe, évasive mais non moins menaçante, de régulariser un découvert de 7,64€ le plus rapidement possible. Si tel n’est pas le cas, je n’aurais plus l’intense plaisir d’utiliser la carte bancaire ; en revanche cela sera une merveilleuse occasion, pour vous, de ponctionner mon compte déjà débiteur de frais bancaires (dont le montant n’est pas précisé…surprise !) ; un peu comme si les pompiers, en arrivant sur les lieux d’un accident, voyant le conducteur sérieusement atteint, saisissaient sa tête ensanglantée et défonçaient son crâne contre le volant déformé par le choc, histoire d’achever son agonie. Mais une banque n’est pas un service d’urgence à la personne. Je le conçois. Il est important de ne pas tout mélanger. Et d’amalgamer. Et d’éviter toute confusion. Toutefois, je vais répondre précisément à votre demande. Je vais réagir au stimulus matinal déclenché par vos quelques mots. Ma réponse sera un peu plus longue que votre mise en demeure. Beaucoup plus longue même. Je suis un littéraire. Et les chiffres ne m’intéressent pas. Et j’aime faire des liens.

Je tiens à préciser que le « vous » employé ne s’adresse pas à vous en tant que conseiller chargé de clientèle mais à la nébuleuse à laquelle vous appartenez et à laquelle, de fait, j’appartiens également en détenant deux comptes bancaires au Crédit Mutuel. En fait la nébuleuse à laquelle tout le monde appartient. Quel que soit le petit prénom de l’organisme bancaire.

Donc je reprends. Je suis bien conscient qu’une banque n’est pas un service d’urgence, ni un hôpital ; encore moins un service social.

Non une banque et l’univers de la finance en général, sont un panel de services onéreux, obligatoires qui sous couvert d’accompagner tout un chacun dans le moindre de ses faits et gestes quotidiens le contrôlent, l’observent, le menacent, le sanctionnent, le ponctionnent, le dissèquent, le félicitent, le congratulent, lui accordent, lui interdisent. Et la liste des verbes est longue. Tout au long de la vie. De la naissance à la mort. A croire que nos vies ne nous appartiennent pas vraiment. Elles sont sous la tutelle de la banque et de ses sbires. Des parents spirituels en quelque sorte. Quoique l’argent n’a rien de surnaturel. En revanche son attraction sur ce monde et sa façon qu’il a de contrôler les actes de tous les individus, d’influencer leurs comportements, de titiller leur perversité en fait une divinité d’une puissance phénoménale. Et les grands manitous qui en déterminent les rouages s’appliquent à construire des règles de fonctionnement complexes, incompréhensibles, humiliantes, culpabilisantes. Ils ont pour essence intrinsèque, ces règlements et autres rouages sibyllins, de voler les adeptes – soit les milliards de clients – et de nourrir grassement et gracieusement quelques milliers d’apôtres et leur petite centaine de Dieux. Si je ne m’abuse, aucune religion n’a réussi une telle main mise dans le quotidien des gens. Rien. Absolument rien ne peut se faire sans passer par la case banque. Excellent ! Quelle escroquerie ! Une secte à l’échelle planétaire. Bravo.

En tant qu’adepte forcé, j’en reviens à ce qui me concerne en ce samedi matin 3 mai 2014. Le découvert de 7,64€ correspond à des frais de rejet d’un prélèvement. Si vous regardez avec acuité ce-dit compte, le prélèvement n’a pas été rejeté. Il s’agit de ma facture de téléphone portable Bouygues Telecom. Hors la somme a bien été prélevée le 24 avril 2014 et ma ligne téléphonique n’a pas été bloquée.

Ces frais ne seraient-ils pas abusifs ? Ou est-ce une erreur malencontreuse ? La farce cynique d’un ordinateur programmé à sanctionner, à l’avance, tous les adeptes en situations irrégulières ; soit dans un langage familier, vulgaire, des clients dans la mouise, des clients dans la merde jusqu’au cou, des clients qui se débattent comme ils peuvent pour ne pas sombrer dans la fausse septique ?

Actuellement, je suis un de ces clients/adeptes forcés dont le numéro de compte doit être surligné en gras ou inscrit dans une liste non pas V.I.P mais dans la liste des C.A.A.S.S.M.M, Clients Agonisants A Sucer Sans Merci jusqu’à ce que Mort s’en suive. Remarquez, c’est une autre forme de V.I.P. Vos petits chouchous ; nous sommes des V.I.P que vous pouvez racketter sans problème pour la simple et bonne raison que vous les assassinez avec vos armes aussi insidieuses que le zyklon B, ces frais divers et variés à régularité sans fin. Qui étouffent. Qui strangulent. Qui agonisent. Qui tétanisent. Qui empêchent de réagir. Par ce que les C.A.A.S.S.M.M culpabilisent, ont honte. N’oublions pas, vous êtes la nouvelle religion. Et les religions, les dogmes ont cette particularité de vampiriser et d’effrayer. La peur des sanctions. Sûrement.

Quant aux autres V.I.P, les vrais, ces clients/adeptes plein aux as, eux, peuvent s’autoriser à vous parler comme à des chiens affamés. Pour rien au monde, vous ne voudriez perdre des comptes richement garnis. La puissance de l’argent ! Elle est telle que celui qui a de l’argent peut être exécrable avec vous, peut exiger et vous traiter de merde fumante, ils auront toujours en retour un gracieux sourire et un léchage d’anus en bon et due forme. Insensé !

Mes deux comptes sont donc à présent en négatif, c’est-à-dire de jolis chiffres, des nombres plutôt flatteurs mais dégradés par un tout petit trait devant. Un moins. Ce n’est pas si moche que ça, visuellement parlant, mais c’est très contraignant. Pour moi. Autant vous dire que je préfère avoir un petit plus devant ces mêmes chiffres et nombres. Je me sens mieux. Enfin, mieux. Non pas mieux. Plus détendu vis-à-vis de vous. Vous rendez-vous compte ce que je suis en train d’exprimer ? Je me sens redevenir adolescent et justifier mes actes, mes pensées et mes choix à mes parents. C’est une situation complètement ridicule. Vous ne trouvez pas ? Je n’ai pas à vous justifier quoi que ce soit. En théorie. Dans l’idéal. Mais tout ça n’est que fiction. Je suis un client/adepte forcé et, il est de mon devoir, de mettre entre vos mains – sales – mon existence. Et il est là le problème. Mais je suis obligé, contraint de le faire. Même si vous n’en avez que faire du sens philosophique et de la singularité des parcours de vie de chacun. Ce qui vous intéresse est l’argent. La tune. Le fric. Le flouze. L’oseille. Le blé. Les biftons. La maille. Le pognon. C’est votre métier. Et nous ne sommes qu’une suite de chiffres qui doit rapporter des nombres. Plein de nombres. Sans aucune morale. Là est peut-être votre seule différence avec les religions, là je m’en réfère aux idéologies premières, pas ce qu’en ont fait, par la suite, les hommes religieux en s’acoquinant avec le monde de la finance. Point barre. Vous avez un appétit ridicule d’argent.

Et je n’en ai pas d’argent. A vrai dire l’argent ne m’intéresse absolument pas. Par ce que l’argent permet d’avoir. Il ne permet pas d’être. Même si vous vous acharnez à nous inculquer le contraire. En aucun cas. Ma recherche dans la vie est d’être pas d’avoir et d’accumuler. Totalement antinomique avec vous. Mais je suis obligé de me référer à vous. Cette réalité me turlupine. M’offusque. Me rend irritable. Me pollue. C’est kafkaïen. Et terrible pour moi. Mais vous n’en avez rien à faire de mes émotions. Et, je vous comprends. Les chiffres sont froids. Pragmatiques. Ils vont d’un point A à un point B. Suivent le parcours qu’on leurs demande de suivre. Pas plus. Et dans votre monde, les chiffres rendent ceux qui en ont respectables et ceux qui n’en ont pas comme infréquentables. Des suspects condamnés à vivre avec la menace de sa Financieurie.

Ayant reçu une bonne éducation, je vous réponds.

Actuellement. Je n’ai pas d’argent. Vous le savez autant que moi puisque vous connaissez une grande partie de ma vie. Je ne gagne pas un rond même. Entre mon choix de vivre en fonction de mes valeurs et de mon rythme (là je sais que je parle coréen) et le pourrissement de l’économie, la période est difficile. Être artiste, être créatif n’apporte pas des fruits bien mûrs soit en langage financier, une cascade de tunes dans un laps de temps proche de l’immédiateté. Il faut du temps. Mais ça Papa et Maman banque-finance n’en ont strictement rien à foutre. Le temps c’est de l’argent. Pour moi le temps est ailleurs. Dans une autre sphère. Nous ne pouvons pas nous comprendre. Quant à l’état de l’économie, je dirai que vous devriez vous sentir concerné. Et faire preuve d’humilité. De mea culpa !

Vous avez défoncé volontairement l’économie réelle. Exiger un sauvetage financier à tous les gouvernements – qui bien évidemment, en bons apôtres, vous ont offert rubis sur ongle ; effort fourni par nous, les contribuables. Pauvres cons que nous sommes ! Ces bouées de milliards de devises ont donc été distribuées par vos amis les politiques, elles ont renfloué vos excès, vos erreurs stratégiques et votre appétit hystérique d’enrichissement immédiat. A haut risque. Empêchant votre noyade que finalement vous méritiez, en hurlant dans votre détresse que le monde sans les banques ne peut pas exister. Quelle foutaise ! D’autres possibilités de constructions du monde sont possibles ; certes sans vous, sans votre machiavélisme. De toute façon vous contrôlez tellement tout, entreprises, peuples, pays, associations qu’il est, en effet, difficile d’échapper à vos arcanes. Vous paupérisez des peuples entiers en exigeant des réductions drastiques de dettes publiques. Vous prêtez de l’argent aux pays accusés de laxisme humain à des taux effarants. Vous assurant un enrichissement encore immédiat. Vos contreparties sont pingres. Vous vous permettez même de mettre en jeu des milliards en pariant, comme si de rien était, comme si 2008 n’avait jamais existé, sur tout et n’importe quoi. En vrac. L’effondrement de la Grèce, du Portugal, de la France peut être, le marché de la pollution, des terres arables, des biens de première nécessité, la montée exponentielle de la pauvreté, la consommation de biens fabriqués par des esclaves de Pays émergents par les esclaves en devenir des Pays riches. Et je pourrais écrire des pages de ceux que vous exigez des autres. Et vive l’économie fictive !

Et 2008 ne vous a pas rendu plus humbles.

Alors pour combler les 7,64€ du premier compte et les 900€ du second compte. Je réfléchis. Vous aurez remarqué que j’ai réduit mes frais fixes au maximum. Je suis hébergé, je ne me déplace plus et je cherche, Monsieur, je vous assure je cherche des solutions. Mais vous devez savoir que nous sommes dans une société où la mode est de ne pas envoyer de réponse. Alors j’ai postulé à pas mal de choses. Mais…rien. Pas de réponse. Silence radio. Le néant.

Alors, je réfléchis.

  • Je n’ai aucune accointance avec un laboratoire pharmaceutique ou autre puissant économique qui me permettrait comme de nombreux politiques d’alimenter mon compte de plusieurs milliers d’euros en remerciement d’un rendez-vous opportun, d’une signature utile ou des paupières qui se ferment sur un scandale qui peut être un jour, dans longtemps, éclatera. Par inadvertance. Par vengeance.
  • Je n’ai pas d’amis africains m’apportant des valises de billets.
  • Je n’ai pas l’âme d’un voleur. Franchement arracher le sac d’une petite vieille gracile n’est pas inscrit dans mon code de valeurs. J’aurai,en plus, l’impression, si je le faisais, vous ressembler quand vous pillez les plus vulnérables. A priori je ne fais pas ce que je reproche aux autres de faire. Oui, je suis intègre.
  • J’ai pensé à la prostitution. Bien que je n’aie pas un physique trop dégueulasse pour mes presque 40 ans, je pense que je devrais proposer mon vit et mon postérieur à des hommes très vieux, et franchement, je me respecte suffisamment pour ne pas aller sur ce terrain-là.

 

  • Je pourrai aussi organiser un petit trafic sexuel autour d’enfants marocains ou thaïlandais. Mais là franchement, les pédophiles me dégoûtent et certains biens placés devraient aller en prison. Mais ils ont de l’argent et peuvent acheter des tonnes de choses même le silence et la paix morale.
  • Je pourrais dealer un peu de drogues. Pour cela il faudrait avoir un appétit certain pour l’argent facile. Un peu comme vous. Pas possible. Et puis je n’ai pas envie de terminer en tôle pour renflouer Papa et Maman banque-finance.
  • Je pourrais m’introduire dans une organisation qui fait son beurre sur le trafic d’humains. Passeur, ça marche bien avec tous les conflits financés par de grands pays et des grands noms. Des réfugiés il y en a la pelle. Et ceux qui se font de la tune dessus, il y en a pléthore. Avocats et OMG aussi. Eux sont légaux. Alors…
  • Je pourrais rencontrer un homme ou une femme fortunée, lui faire croire que je l’aime follement pour me faire entretenir. Non, là franchement se mettre en couple par intérêt, c’est pas mon truc. Pourtant avec la gueule que j’ai-je suis certain que j’y arriverai.

Je pense avoir fait le tour des solutions qui répondent à votre préoccupation de combler le plus rapidement possible les 7,64€.

  • Je pourrais aussi trouver un petit boulot pour gagner le SMIC (enfin tant qu’il existe puisque Papa et Maman banque-finance propose de le remettre en cause) mais il semble que mes compétences soient supérieures aux dits petits boulots. Mais vus les prix indécents des loyers et des denrées alimentaires, je pense que je serai à découvert en permanence ; donc nous retournons à la problématique de départ ! Et il y en a assez d’alimenter ce système qui tire tout vers le bas. J’ai pas envie d’être un esclave.
  • Je pourrais aussi me suicider. Et laisser en jachère ces comptes bancaires et vos exigences. Je n’en ai pas encore envie ; cela pourrait venir. Votre monde est si oppressant. Si intransigeant. Impatient. Des Pères fouettard en puissance. J’ai encore l’énergie de la résistance. Alors…

Si j’étais dans un de ces circuits, vous ne m’auriez pas écrit et je n’aurais pas écrit cette longue lettre.

Le week-end me permettra peut-être de réfléchir à d’autres possibilités.

Je vous remercie de m’avoir prévenu et je suis désolé de ne pouvoir dégainer une solution dans l’instant. Je vais enlever le mot « désolé » car si je suis désolé c’est pour moi et certainement pas pour vous. En revanche, sachant que je ne peux stopper les processus qui gèrent votre société mutualiste, sans carte bancaire, je mangerai beaucoup moins et vous en saurez moins sur ma vie.

Je vous rappellerai que ma situation financière est, sur des années, chaotique. Parfois j’ai de l’argent (de belles sommes) parfois je n’en ai pas (et je n’abuse pas) ; je suis ainsi chaotique. Je n’ai pas choisi une vie de salarié. Et alors ? Mais là, j’ai encore la sensation de m’adresser à mon père ou à ma mère. Et c’est épuisant.

Après tout, faites ce que bon vous semble puisque vous savez mieux que moi. Tant qu’il y a de l’argent tout va bien. Peu importe d’où il vient ! Quand il n’y en a plus, vous en prenez quand même…Et vous demandez de renflouer l’argent que vous nous avez volé. Un comble.

Et je me surprends à rêver, ce jour, où des gens réagiront et cesseront d’alimenter leurs comptes et de vous engraissez. Car, vous avez besoin de nous pour fonctionner si tel n’était pas le cas vous ne vous donneriez pas autant de mal pour conditionner nos vies. Je sais que vous pouvez être assuré de votre longue vie, une pérenne existence, riche, enrichissante, sonnante et trébuchante, les peuples ne réagissent plus et sont amorphes. Vraiment chapeaux ! Mais j’ai le droit de rêver.

Je vais partager cette lettre avec de nombreux réseaux sociaux. Ce n’est pas une menace, c’est une information tout comme vous m’avez prévenu des frais et autres contraintes à venir.

Ah qu’il était bon le temps, c’est-à-dire il y a 18 mois quand j’ai versé 36000 euros sur mon compte. Vous étiez tout frétillant. C’est dingue ce que cela vous fait l’argent. Tout ça pour une petite commission sur des produits financiers vendus. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour 50 euros ! 100 peut être. Par trimestre. Enfin rien en comparaison des dividendes perçus par les grands manitous.

Je cherche encore pour les 7,64€ et les 900€. Je fais au mieux de mes possibilités (maigres) et surtout en respectant ma conscience. Et mon être. »

Frédéric Bargeon
Client/adepte forcé

 

Que se passe-t-il ? Ils n’aiment pas…


Ils n’aiment pas la nuit comme ils n’aiment pas les autres, et en ce moment, les homos comme ils disent…

Capture d'écran, séquence d'un film sur Bacon

Capture d’écran, séquence d’un film sur Bacon

L’aube n’est pas encore là. La nuit caresse mon corps. Il est dénudé. Juste ce qu’il faut. L’été n’est pas encore là. La nuit enveloppe mon corps. Il est imberbe. Il est masculin. Le silence de cette nuit est comme les silences des autres nuits. L’humanité, de ce côté-ci de l’hémisphère s’adonne à un sommeil agité, lourd, alcoolique, solitaire, amoureux, paisible, rituel. La nuit est le royaume des rêveurs, des fêtards et des angoissés. Je ne dors pas. Je suis insomniaque. Depuis toujours. La nuit est là pour exacerber les pensées. Mes pensées. La nuit est l’antichambre des réflexions et des bourgeons de rébellion. Colère étouffée par la magie de la nuit. Parce que la nuit est hypnotique et ouatée. La nuit effraie parce que le noir dissimule des vérités. De laides croyances et d’effroyables fausses vérités. Et des merveilles aussi. A qui fait l’effort de les regarder. Il fait nuit et je ressasse le monde. L’humanité est moche, laide. Ou je dirai plutôt, l’humanité semble baigner avec plaisir et frénésie dans la médiocrité. L’humanité, c’est à dire un amoncellement effarant d’hommes, de femmes, d’enfants, de couleurs, de kilos, de chairs, de croyances et de cultures, opte pour l’immondice. L’humanité creuse dans la nuit sa plus sombre palette d’aigreurs, de turpitudes, de cauchemars. En apparence. L’humanité baigne dans le bain puant de ses plus vils vices. La nuit pourtant, est franche, brute, sincère et totalement subtile. Là se cache son trait de caractère le plus beau. Et pourtant. La nuit effraie. La vie, toute vie, dans la nuit, se capture, se déshabille, s’apprivoise, se caresse, se livre et explose. La nuit est bien seule. La nuit cache ses trésors et s’abandonne à la tristesse. Les regards attardés sont peu nombreux. Nombreux se cachent derrière des volets. Pourtant la nuit cajolent ses mystères. Elles les préservent. L’humanité persiste dans son aveuglement débile à croire que la nuit n’est que le pays des fantômes et autres créatures horribles. Regardez la nuit. Avec langueur, douceur, et curiosité, et vous découvrirez de subtiles beautés aussi majestueuses que celles offertes par le jour. Il fait nuit. Il fait calme vers chez moi. Et je me sens comme la nuit. Je me sens comme la nuit. Délaissé. Jugé. Montré du doigt. Insulté. Je me sens comme la nuit. Je suis homo comme ils disent. Et je serai atteint d’une maladie incurable digne de l’enfermement. Je serai pédophile et obsédé par le sexe. Je serai, par mon orientation sexuelle, indigne d’être humain. Indigne d’humanité. Je suis comme la nuit. Je dissimule mes beautés, mes défauts et ma féérie. Non je ne les dissimule pas. La nuit non plus ne les dissimule pas ses beautés, ses défauts et ses féeries. Il et elles sont là, à portée de mains. Tout comme certains refusent la nuit, d’autres refusent des sexualités, des différences. C’est par ce que la nuit demande un effort que la plupart rejette la nuit. La nuit exige de décaler ses repères. Les différences, quelles qu’elles soient exigent un décalage similaire. il fait nuit, encore. Comme tous les jours. Je suis gay, encore, comme tous les jours. Et alors ? Je ne fait qu’un avec la nuit. La nuit est complexe. Comme l’humanité. Mais il semble que l’humanité s’obstine à se vivre de façon binaire. J’en peux plus. Comme la nuit n’en peux plus d’être cataloguée comme une entité de perdition et de sombres horreurs. L’humanité a-t-elle encore des yeux ? Il fait nuit et je m’en vais me lover dans ses mystères insondables. Et laisse l’humanité à ses opiniâtres croyances.

Frédéric B.

Tu as le droit, ils ont le droit, nous avons le droit


Tu as trébuché. Encore une fois. Que faisais-tu en cette nuit de solitude ? Solitude un mot que tu connais par coeur. Un mot qui te colle à la peau. Peau fripée. Peau desséchée. Ultime mue d’une déchéance physique inéluctable. Elle enveloppe ton corps chétif devenu grincheux. Caprices du temps. Des décennies de labeur, de joies, de colères, de peurs, de rêves. Inassouvis rêves. « J’ai raté ma vie » m’avais-tu affirmé un jour de confidences ? Des confidences que je suis venu arracher à ta pudeur maladive. Je suis allé les chercher tes mots pour savoir du haut de ton grand âge le regard que tu posais sur ta vie. Ta longue vie. Une vie qui m’est, finalement, inconnue. Abstraite. Espagnole. Brune encore. Ou presque. Le blanc s’est propagé dans ta chevelure sombre. Sans vraiment s’imposer. Suffisamment tout de même pour que le monde extérieur sache que tu es vieille. Une vieille. Le mot hante les cauchemars d’une société obsédée par l’immortalité de la jeunesse. Notre société. La tienne. La mienne. La leur. Foutaises. Ta vie je ne la connais pas. Un portrait de ton père trône dans la chambre où, de plus en plus rarement, je couchais quand je venais te rendre visite à Montpellier. Cette photo dégage une froideur qui ne m’inspire aucune gratitude. Je suis soulagé de ne pas l’avoir connu. Pourtant tu l’admires. Ou ta façon d’en parler laisse poindre une admiration appuyée. On le devine. On aime souvent nos bourreaux. On croit qu’ils auraient pu faire autrement. Petits arrangements avec la réalité. Pour oublier les coups. Pour s’inventer des géniteurs remplis d’amour. Tu as dû en prendre des coups. Tu as dû en avoir des plaies béantes. Dans ton corps frêle. Dans ton âme paranoïaque. Ta méfiance envers les autres. Pugnace méfiance. Obséquieuse parfois. Ce passé que je ne connais pas à provoquer en toi une incapacité à être toi. Je le sais. Je l’ai compris depuis bien longtemps. Tu es née à une époque où la nécessité de survivre primait sur le bien être. Besogne ingrate. Quelle vie démente ! Tu t’es focalisée sur le devoir et non sur le vouloir. Je le sais et je t’en ai voulu jusqu’à en devenir haineux. Oui haineux face à ton incapacité à aimer. A aimer mal. Bancal amour. Pourtant je sais que tu ne le faisais pas exprès. Tu ne le fais toujours pas exprès. Tu aurais dû naître dans les années 70. Souvent, je me fais cette réflexion totalement désuète et ridicule que tu es née au mauvais endroit au mauvais moment avec les mauvaises personnes. On naît et puis on fait avec. Tu as fait avec. Et ça t’as rendu sèche et exacerbée à la fois. « J’ai raté ma vie » sonne encore dans ma tête. Quel dommage me dis-je à présent. Tes ancêtres et donc les miens t’ont mal aimée. Ou pas aimé du tout. Je ne le saurai jamais. Tu ne pourras plus me le dire. Tu es, à présent, trop loin. Quasiment inaccessible. Et je n’ai pas su m’y intéresser à temps.

Tu as encore trébuché cette nuit de solitude. Que cherchais-tu dans ta chambre en cette nuit de solitude ? Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête en cette nuit de solitude ? Le sais-tu toi même ? Tu as trébuché et tu t’es réveillée en maison de retraite. Quelle épreuve. Ultime. La plus ingrate et violente de ta vie. Pourtant, il semble et c’est certain qu’aucune autre alternative ne soit possible. C’est aussi et surtout ça vieillir au de là des capacités du corps et du cerveau. Bienvenue dans ton mouroir. Dans leur mouroir. Le temps est rythmé par la bouffe. C’est tout. Y a que ça qui fonctionne. Bouffe et tais toi même si tu n’as pas faim. La bouffe c’est le point de départ de la vie. Une entrave à votre vie qui veut filer mais qui ne peux pas filer. On vous interdit de filer à l’anglaise.

Tu as trébuché encore dans cette nuit de solitude et je suis venu te voir là bas chez ceux qui sont dans le SAS de la mort. Vous patientez. Durement. Entre vous. Le monde des vivants s’agite au de là des murs qui vous cachent. Vous êtes presque vivants et tout est fait pour vous faire croire que vous êtes vraiment vivants. Pourtant ces murs et ces rideaux vous dissimulent. Je suis venu te voir. J’ai poussé la porte vitrée. A l’accueil, une jeune dame m’a indiqué le numéro de ta chambre. Non ce n’est pas un hôpital. Encore moins un hôtel. J’ai appuyé sur le bouton de l’ascenseur. J’ai été submergé par les odeurs de la vieillesse. De la vieillesse en sursis. Des odeurs oppressantes. Désagréables. Accentuées par les produits chimiques sésames d’une hygiène assurée. Odeurs qui m’ont mis dans un état nauséeux. J’attendais l’ascenseur impatiemment. Il n’arrivait jamais. Nom de Dieu qu’est ce qu’il fout cet ascenseur. Une vieille dame arpentait le couloir. Elle ânnonait des phrases sans queue ni tête. Elle semblait surtout en détresse. Parce que personne ni elle même ne comprenait le sens de ce débordement verbal envers lequel elle n’avait aucune maîtrise. L’ascenseur arrive. Au 1er étage je cherche ta chambre. Je vois ton identité collée sur une des portes. Je frappe. J’entre. Ta chambre est vide. Je reviens sur mes pas. Je me rends dans les parties communes. Un vaste réfectoire. Non ce n’est pas un lycée. C’est un truc pour vieux décrépits. Il n’y a aucune vie. Statique. Et mort. Je scrute. Mes yeux ne voient que des corps avachis. Seuls. Assis. Aucun échange. Chacun est seul, assis. Attablé avec sa solitude. Et son attente. Attente de la mort. Elle viendra quand ?

Et je te vois. Je suis saisi. Profondément saisi. Je te connais suffisamment pour lire ce que je vois. Tu ne m’as pas aperçu. Tu es loin. Je ne sais où mais tu es loin. Tes cernes sont noires. Un noir à la Soulage Pierre. Mais le noir de tes cernes n’a pas de lumière. Tes cernes m’indiquent ta détresse. Ta tristesse. J’ose affirmer même ton désespoir. Ton incompréhension d’être, là, au milieu de ces vieux tous plus dégingandés les uns que les autres. Tu es repliée sur toi même. Petit corps frêle. Tes formes féminines se sont gommées depuis quelques temps déjà. J’ai eu mal au cœur. Instantanément. Je me suis approché avec un sourire. Je l’ai senti poindre. Rempli de tendresse. Un besoin spontané de t’offrir un peu de clarté dans ce réfectoire puant le pourrissement. Arrivé devant toi j’ai susurré quelques mots. Tu as levé ta tête. Lourde. Un effort. Tes yeux étaient vides. Tes cernes encore plus noires de près. J’ai compris que tu ne savais pas qui était cet homme qui venait t’importuner dans ton dépit. « Tu ne me reconnais pas ?  » Non qui êtes vous ? « C’est Frédéric ! »  Un sésame patronymique qui, soudain, t’as fait presque pétiller les yeux. Ils se sont mis à rougir et picoter. Tes cernes se sont ourlées de rouge aussi. Tu étais en émoi. Une sensation qui a revigoré ton corps et ton esprit. Une surprise car tu ne savais pas que je viendrai te voir. Quel amour brillait dans tes yeux ! Quelle joie retrouvée ! Et de me dire immédiatement « Je ne pourrai pas tenir ici, je ne me sens pas bien  » « Je ne peux pas« . As-tu-répété sans cesse en cherchant ma main. Tu as tenu ma main durant tout le temps où je suis resté dans ce réfectoire. Tu t’es accrochée à ma main avec vigueur. Espoir. Intensité. Peur. Ma main comme une bouée pour fuir ce réfectoire. Se connecter à autre chose que ce mouroir. Je t’ai laissé t’accrocher à main. Nous avons parlé. Peu. Nous étions contents de nous voir. Toi et moi. Et je t’ai écouté m’exprimer ton dessein. Revenir chez toi comme un refrain. Un idéal. Une illusion. Pour faire la nique au vieillissement et aux handicaps qu’il trimballe. Ton envie de rentrer chez toi est le seul lien qui te maintient en vie. Je t’ai ouvertement dit qu’il était fort peu probable que tu revois le chemin de Moularés. Je ne peux pas te mentir. Te faire croire à un acte qui jamais ne se déroulera. Je t’ai laissé entendre que tu avais le droit aussi de lâcher prise. Je t’ai rappelé que malgré tout cet environnement affreux – car oui, je suis d’accord avec toi, on ne peux pas vivre dans ce mouroir, tu ne peux pas vivre là, moi non plus, eux non plus – ta vie t’appartenait et que tu pouvais décider de dire stop. Pour ne pas sombrer dans une décrépitude aussi mesquine. Maison de retraite. Maison de la mort bafouée.

Nous nous sommes tenus la main. Oh pas longtemps 30 minutes. Pas plus. Le temps pour toi n’a plus aucune signification. 30 minutes durant lesquelles tes joues se sont empourprées. Tu as ravalé tes larmes. Je l’ai senti à plusieurs reprises. Pendant que s’accumulait en moi une haine non pas envers toi mais envers notre société qui cloître les vieux qu’elle ne veut plus voir. Vieux en batteries. En attente de crémation. Vieux en batteries qui seraient sensés ne plus éprouver aucune sensation. Faux. Totalement faux. Une société qui laisse ainsi mijoter ses vieux, beaucoup trop vieux, entre 4 murs sans se soucier de leur droit à mourir est une société inhumaine. Qui ne respecte pas la vie. Ce que j’ai vu ne relève pas d’une quelconque humanité.

Nous nous sommes tenus la main pendant 30 minutes. Et j’ai ressenti une tendresse inouïe pour toi. Je ne t’avais jamais vu aussi sincère. Aussi démunie. Aussi douce. Aussi vulnérable. Aussi mûre pour mourir. Et tu ne veux pas mourir là. Ici. Dans cette ingrate maison de retraite. Comme tu as raison. Ce lieu est à l’image de ta vie. Ratée. Tu n’as pas de chance. Tu aurais du naître à une autre époque. Et être vieille à une autre époque. Une époque qui n’existe pas encore. Une époque où l’on ne rejette pas la mort. Une époque où on accueille la mort avec courage, sobriété et noblesse. Tu es perdue dans cette maison de la honte. Et je te comprends. Je suis aussi démuni que toi. Je ne sais pas ce que je peux faire. Tu as sûrement envie d’en finir avec tout ça et tu ne sais pas comment faire. Normal dans une maison où on maintient jusqu’au bout de l’horreur des vies que l’on cache en toute moralité.
Nous nous sommes tenus la main et je suis bouleversé de te savoir là bas. Tu es recroquevillée dans ta douleur de n’être qu’un corps sec et déformé. Dans ta tête tout se mélange. Mais tu sais, en revanche, que finir, là bas, dans cette maison au nom littéraire de « Chartreuse » est tout sauf normal. Nous nous sommes tenus la main et, tout mon amour, t’autorise à te laisser aller afin que ne s’éternise pas ce quotidien qui ne te permet plus d’être toi. N’attends pas que tes cernes deviennent encore plus noires. N’attends pas de fuir au fond de toi au point de ne plus reconnaître ton petit fils.

Nous nous sommes tenus la main. Un instant de vie inoubliable. Personne ne parle de la mort dans cet endroit. Tu as besoin d’être rassurée, ils ont tous besoin d’être rassuré. Car oui, cela sera ta dernière demeure. Et personne ne parle de votre mort. De votre droit à mourir.

Nous  nous sommes tenus la main et tu as le droit de ne pas vouloir continuer à sur-vivre dans ce réfectoire triste à mourir. Et ce n’est pas parce que tu étais une belle femme espagnole, une femme qui aurait pu être une des égéries d’Almodovar que je pense ça. Ce n’est pas ta déchéance physique qui me pousse à parler ainsi. C’est ta détresse. Ta détresse qui te donne des envies que personne ne veut comprendre. Tu as le droit, ils ont le droit, nous avons le droit.

Frédéric

Mort aux dogmes !


Ce titre est un cri. Il déborde de mes lèvres. Elles le régurgitent tant il étouffe mes entrailles. Ce cri, je m’en rends compte, à présent, est une révolte. Une vieille révolte. Coriace et vigoureuse. Indélébile. Née il y a déjà bien longtemps. 35 ans ou plus. Lorsque je n’étais encore qu’un enfant. Jeune. Très jeune. Le langage était encore un pays inconnu. Mon autonomie physique n’était guère courageuse. Les jupes de maman. Le salon que je parcourais, alors, à 4 pattes. Mon cerveau, certes encore vert, était bien plus libre. Libre ? Non. Naturellement en opposition. Observant et assimilant l’univers adulte. Déjà. Je n’étais pas en accord avec ce que je voyais. Sans comprendre la raison de cette discorde. Rebelle ? Déjà ? Non.

Détail d'un dessin de Daniel Boursin, 2007-2009,

Un besoin inextinguible de comprendre. Le sens. Le sens des paroles. Et des actes. Ce qui se cachaient derrière les mots et les actes. Gratter le vernis des phrases et des pensées apparentes pour dénicher ce que je pressentais être détestable. Tant de choses me paraissaient, déjà, anormalement insupportables. La ribambelle de règles. L’école et le pouvoir indiscutable des maîtres. Des adultes. Je voyais bien, pourtant, que les grandes personnes profitaient de leur place. De leur pouvoir. De leur domination physique. Que peut exiger un enfant par rapport à l’autorité d’un adulte, si ce n’est de fermer sa bouche et d’avaler avec résignation les injustices. Injustices parce que l’adulte explique mal. Ou approximativement. Parfois, il n’explique pas. Il se contente d’imposer un point de vue pour dissimuler une bien plus cynique réalité. En guise de récompense, l’enfant est confronté à la vanité de l’adulte. Ignoble vanité. L’ordre moral. Le respect. Les valeurs. Le fonctionnement de la vie. Un enfant ne sait pas. N’a pas la maturité pour comprendre soit disant. Peut être. En revanche, il ressent. L’enfant est même doué pour éprouver les émotions ambiantes. L’adulte a oublié cette extraordinaire faculté de l’enfant. L’adulte est un automate qui reproduit, aveuglément, tant il  n’écoute plus ses ressentis. Tant il ne demande plus « Pourquoi ? » Rien que pour ce dédain – ou cette amnésie – les adultes ne sont pas dignes d’exercer leur pouvoir. Abus de pouvoir. Voilà l’origine de ce putain de cri. Révolte en gestation. Déjà. Sa croissance a singé le développement de mon corps. Chaque centimètre me hissant vers l’adolescence puis l’âge adulte était investi par la révolte. Ma révolte.

Le propos, ici, n’est pas de faire un étalage exhibitionniste de mon existence. Je n’aborderai donc aucun détail croustillant. Le fait est que je n’ai cessé de vivre familialement, scolairement, professionnellement, socialement, amicalement et amoureusement des situations qui m’ont confirmé l’abus de pouvoir. Ne voyez pas dans cette affirmation une once de victimisation de ma part. Je ne suis pas victime. Je n’aime pas ce mot. Il enferme dans une bulle indigne de non responsabilité. Pas de victime sans responsable, me direz-vous. Et si victime et responsable fusionnait ? Seul l’enfant peut être une victime car il est vulnérable face à l’abus de pouvoir et à l’autorité. L’adulte, lui, peut être victime des abus de pouvoir – 2011 est un excellent millésime d’autorités abusives– mais il est responsable de son lâche repli sur soi et de sa puante résignation. L’Homme a inventé des pouvoirs. L’Homme est si fertile en créations de pouvoirs que leur nombre est dithyrambique. Des amas de pouvoirs dictés avec une autorité terrorisante et sanguinaire pendant des siècles. Aujourd’hui , cette autorité est ridicule. Absolument incroyable de conneries. A croire que les instances qui gouvernent la planète assument totalement leur croyance ancestrale : le peuple est une masse débile capable d’accepter les contraintes les plus abjectes . Si j’avais une nostalgie des abus de pouvoirs d’antan, je me souviendrai des débats philosophiques engendrés par les diverses découvertes tant géographiques que scientifiques, culturelles et spirituelles. Mais, je n’éprouve aucune nostalgie.

Enchevêtrement de cadenas, pont de l'Archevéché, Paris 4

Les dogmes restent des dogmes. Ils ont pour volonté absolue de soumettre une masse suffisamment longtemps pour qu’elle se pense naturellement inférieure, incapable et redevable. Les dogmes s’infiltrent dans les consciences par des intraveineuses incessantes d’interdits, de devoirs, de morales, de valeurs. Au bout du compte, les masses culpabilisent. A outrance. Elles culpabilisent de penser et d’agir différemment des dogmes. En conclusion, les dogmes fabriquent des masses de névrosés, aux cerveaux arides. Tétanisées, elles ne savent même plus poser des limites. Des limites à l’extension de l’autorité des dogmes. C’est pire même. Bien plus pernicieux. Au sein même des masses, il n’est pas rare de voir des comportements imitant les pouvoirs des Hommes dogmatiques. En toute normalité. Ils ont bien appris leurs leçons les manants. Sur le bout de leurs doigts. Sans sourciller. Sans crier ni cracher. Un peu timides et rougissants, ils se plaisent presque à creuser leurs tombes de mécréants. Ils sont dépendants. C’est grave. Putain que c’est lamentable. Ah ce cri qui dégouline encore et encore. Ma révolte est inépuisable. A l’image des dogmes qui semblent ne jamais périr.

Eglise de Saint Saturnin les Apt, Luberon, octobre 2011

Religions, royautés, politiques, philosophies, finances, patries, classes, que l’on peut démultiplier à l’infini tant chaque dogme s’organise en sous dogmes. Les masses sont cernées. Et empoisonnées de l’intérieur. Des drogues dures. Les religions – toutes – écrasent. Rois, politiques, syndicats conditionnent, cloisonnent et oppressent – ils n’ont pas peur de tuer pour conserver leurs privilèges – Et la finance. La finance. La continuité la plus démente qu’il soit. La cerise sur le gâteau de la soit disant liberté acquise. Liberté de produire et de consommer. Même le cercueil s’achète. Cher. Excessivement onéreux. Crédits. Taux. Intérêts. Notation. Agence. Cours du pétrole. Investissements/Investisseurs. Actions/Obligations. Marchés. Evaluations. Fonds de placement. Subprimes. AAA. Croissance. Dettes. Déesse finance déteste la poésie. Elle voue une haine absolue envers tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à la vie. Vocabulaire froid. Pratique criminelle. Idéologie toxique. Sa barbarie n’a pas de limite. Elle est vicieuse. Les tranchées boueuses ont été troquées contre des millions de misérables désireux de consommer. Ils supplient ces cardinaux d’un nouveau genre d’avoir le droit d’acheter tous ces biens miraculeux. Pour apaiser le vide. Leurs prières restent vaines. Les instances financières édictent avec conviction les péchés des masses envieuses – Affreux gourmands, les caisses des états sont vides, vous êtes indignes des réjouissances que nous avons bien voulues vous octroyer, vous braillez comme des angelots déplumés – Les impies ainsi bafoués ne lâchent pas, ils insistent – libre accès aux crédits, droit à la consommation, retour du labeur en usine, laissez nous au moins notre toit et le droit de bouffer vos hosties industrielles, ayez pitié de notre vide abyssal, n’y-a-t-il pas écrit dans le psaume 2617 du livre Sainte Finance, Être c’est avoir ? Que nous restent-ils si nous n’avons plus ? De grâce laissez nous le droit de souffrir pour avoir, même un peu – Comme ils se marrent dans leurs résidences somptueuses, les magnats de la finance mondiale ! Leur piège est un carcan, une camisole. Leur idéologie est bien plus efficace que toutes les autres réunies. L’argent et sa poignée de prophètes sont La religion monothéiste. Enfin, il l’ont trouvé ! 6,9 milliards de cons béats devant l’autel de la finance.

Tous les adultes préparent l’enfant à devenir ce manant inculte, dépossédé de sa créativité, de sa curiosité et de sa liberté. C’est pour cela qu’à la question spontanée d’un enfant, qu’il répète sans cesse – avant le passage en caserne scolaire – « Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?  » l’adulte sert les dogmes. Ses réponses, quand il y en a, sont le miel amer de leur vide. Le virus de la peur est inoculé. Introduire le poison au plus jeune âge afin que les dogmes ne vacillent pas. Jamais. Les dogmes transmettent l’idée de victime dans le coeur des Hommes. Ils ne veulent pas, certainement pas, que les adultes soient responsables. Que serait l’humanité sans tous ces pouvoirs religieux, politiques et financiers ? Une énergie de vie époustouflante. Impossible à imaginer tant les dogmes assassinent la Vie. Ma révolte est toujours aussi puissante. Je n’ai jamais abandonné. Je crie.

Le mouton noir

Le Mas d’azil, sa grotte et ses étranges oeuvres d’art…


Le mouton noir poursuit son périple – normal il préfère se balader quand les troupeaux sont rentrés dans leurs bergeries respectives – Les campagnes françaises, une nouvelle lubie ? Non, un simple hasard de circonstances ! Faut dire que la nature au début de l’automne n’est pas désagréable. Bien au contraire. Elle est plutôt sexy et sensuelle. Abondante et généreuse. Mystérieuse et allumeuse. Rieuse et pudique. Séductrice et brutale. Les sens au bord de l’éjaculation. Encore. Encore. Et pour combien de temps ? Quand les feuilles s’entasseront en matelas pourrissant aux pieds des troncs, que les herbes ne pousseront plus pour cause d’hibernation, la nature ne bouillonnera plus. Elle s’enfermera pour quelques mois dans ses atours hivernaux. Sacerdoce ou repos mérité. Seule la nature sait le pourquoi de ce repli sur elle même.

Paysage dans le Couzeran, Ariège-Pyrénées, 26/09/2011

Bon, revenons à ce périple ! Après le Berry et son chaleureux Boischaut, le mouton noir broute – si si l’herbe y est encore très verte presque couleur chlorophylle Hollywood chewing gum– dans la campagne ariégeoise. Au delà, c’est l’Espagne. Tapas et crise immobilière. Crise tout court. Les Indignés. Ne vous fiez pas à l’apparence idyllique de cette photo prise aujourd’hui. Quand le soleil est ainsi fier dans un ciel azur, les sommets sont à porter de mains. Ils sont bouleversants de beauté dans leurs habits de roche. Les forêts crachent la puissance de leurs robes vertes. Nuances de teintes. Encore des parfums d’été, les prémices de l’automne s’immiscent. Bientôt, la farandole de jaune et d’orange/marron donnera des airs de carnaval. Puis, le gris et le terne remplaceront les défilés de couleurs. L’accouplement de l’Hiver et de l’Ariège est rude, âpre. Une retraite de nonne dans un couvent rustique. Glacial.

Pour l’heure, il fait 30 degrés. Bah oui, je crâne un peu. Et je pense que même en méditerranée, ils n’ont pas aussi chaud !  Pourquoi mettre en relation Boischaut et Couserans ? Les surprises excentriques, pardi ! Ici, les ronds points sont moches comme un visage entouré de grandes oreilles décollées – désolé pour ceux qui ont de tels attributs, j’ai trouvé que ça, comme image –  En revanche, se promener dans un sentier peut se révéler étonnant. Ballade de 45 minutes. Musée ou galerie d’art à ciel ouvert. Matériaux écolos. Pas d’éclairage électrique. Que des symboles de nature – oui l’Ariège c’est aussi ça, pas mal de passionnés des mondes et peuples parallèles, des farfelus diront certains – Un vrai parcours initiatique. Comme les sculptures de Saint Amand Montrond, les artistes ne sont pas mentionnés. Oeuvres collectives ? Excès d’humilité ? Actes de magicien ou autres Gnomes ? Bonne visite les amis !

Bois et libellule, Esprit des rivières*

Sculpture en bois de forêt, Mas d'Azil, Ariège, chemin de la Pierre

Déesse protectrice des Troncs*

Entre des troncs, Mas d'Azil, chemin de la Pierre, Ariège

Oeuf en nid maternel*

Sphère entourée, Mas d'Azil, chemin de la Pierre, Ariège

Trône de Sorcier Roi des Chênes*

Trône dans la paume, Mas d'Azil, chemin de la Pierre, Ariège

Araignée en éboulis*

Une araignée ? Mas d'azil, chemin de la Pierre, Ariège

Réunion en obélisques*

Des celtes gnomes ? Mas d'azil, chemin de la Pierre, Ariège

Spirale babylonienne*

Cailloux enfilés, Mas d'Azil, chemin de la Pierre, Ariège

Tentation en Couserans*

Serpent, Mas d'azil, chemin de la Pierre, Ariège

Totem en griffes*

Manucure, Mas d'Azil, chemin de la Pierre, Ariège

Voilà, la sélection de ces oeuvres d’art premier, ou contemporaines, nous ne savons plus vraiment où se trouvent les limites des unes ou des autres. Primitif ? Contemporain ? C’est une question de regard. D’époque.
Je rajouterai une dernière curiosité mais celle-ci est strictement le fruit de la nature. La main de L’Homme-Mouton n’y est pour rien. Magistral. Non ? C’est si pur.

Toile en gouttellette de rosée*

Toile d'araignée saturée de rosée, Ariège

*Noms inventés par le mouton noir

Le mouton noir

Carrefours giratoires en folie : une excentricité berrichonne !


La campagne est essentielle pour le mouton noir – normal pour un mouton, me direz vous – Se promener dans de douillets pâturages, se perdre dans des forêts purulentes de verdure, observer les mille secrets de la nature sont des activités équilibrantes pour le mouton de la ville. Un retour au source. Une reconnexion à la terre, à l’authenticité. Respirer. Ressentir. Jouir du temps. Le temps n’existe pas de la même façon dans la nature. Intemporalité. Jour. Nuit. Aube. Crépuscule. Les sens sont en éveil permanent.
Une escapade dans le Berry sud – le Boischaut pour être précis – a été le décor magistral du bain de nature mensuel. Quel beau pays, ce Berry sud. Quelle ruralité époustouflante de générosité ! Toute campagne enveloppe sa ville, de taille moyenne, mais elle reste La ville.
Dans le Boischaut, cette ville, se nomme Saint Amand Montrond. Son armature ressemble à toutes ces villes moyennes de province : des zones commerciales pour combler l’habitant-consommateur, un vieux centre ville, une rivière, des parkings, des bars-tabacs – quantité non négligeable – et surtout des ronds points pour faciliter la circulation. La France aime les ronds points ; il y en a partout. C’est comme une fierté, un écusson, va savoir, un truc qui concerne l’orgueil local ? Et bien s’il existe un concours de la ville la plus fleurie ou la mieux fleurie, je ne sais plus, il devrait exister le concours des ronds points les mieux décorés.
A Saint Amand Montrond, c’est une explosion de curiosités, d’excentricité à chaque rond point traversé.
Je vous laisse juger par vous même. A noter que Saint Amand Montrond abrite la bagatelle de 11500 habitants. Quelle audace ! J’en suis encore époustouflé, halluciné.

Rond Point Saint Amand Montrond, Le Cher, Berry

 

Un rond point, toujours à Saint Amand Montrond, Cher

 

Un rond point, Saint Amand Montrond, Cher

 

Mirage planté dans un rond point, Saint Amand Montrond, Cher

 

Rond point, Saint Amand Montrond, Cher

 

Un rond point, Saint Amand Montrond, Cher

 

Scuplture dans un rond point, Saint Amand Montrond, Cher

 

Sculpture dans un rond point, Saint Amand Montrond, Cher

 

Ce qui est vraiment dommage est que le nom des artistes n’est jamais précisé ainsi que l’initiative et le sens de ces oeuvres. C’est quand même génial, non ?

Le mouton  noir