« L’ombre animale » de Makenzy Orcel…


…ou le plaisir de lecture titillé, sans cesse, page après page, par la poésie viscérale du jeune auteur haïtien ; aucun point pour terminer ses phrases mais des virgules qui viennent rythmer un texte époustouflant.

"Est-ce une ombre ?" par FredBargeoN, Terrac, Ariège

« Est-ce une ombre ? » par FredBargeoN, Terrac, Ariège

Extrait : « …j’allumais une énième cigarette, et seule dans le noir avec cette petite chose qui s’illuminait à chaque fois que je tirais dessus, comme pour me dire que ma vie aurait pu briller aussi, je pensais à plein de choses, ma mort était imminente, elle rodait doucement tout autour de mon silence, cet inépuisable présent, fumée de cigarette répandue dans l’air lourd de cette chambre suspendue, puis il y avait le dos de mes parents disparaissant par la route des damnés, je l’exécrais, ce dos, autant que j’étais soulagée de le voir disparaître, rien n’est plus mortel qu’un dos qui s’éloigne pour toujours, tels des troupeaux poussés par la faim et la sécheresse , sans certitude de retour, la tête bourrée d’illusions, quelques objets pour garantir la mémoire, quelle mémoire, une part d’eux effacée, couverte de toiles d’araignées flottant dans les encoignures, toute une vie révolue, submergée, ou plutôt vidée de tout ce qui aurait pu être pour recommencer une autre vie ailleurs, crois-en celle à qui il est permis de parler du lieu de la mort… » « L’ombre animale » de Makenzy Orcel.

Lucien Barjon, alias « Papette Siblaw », mon grand-père paternel, hommage sétois pour son centième anniversaire


Vendredi 11 mars 2016, il aurait eu 100 ans. C’est mon grand-père paternel, mon « Papette ». Il était Homme de théâtre, de cinéma et de télévision. Il aimait les mots et la poésie, se bourrait la gueule avec Brassens, sétois comme lui, échangé quelque correspondance avec Giono. Il était communiste et déserteur. Il aimait les situations impromptues où il pouvait, sans honte, partir dans des fous rires légendaires. Il aimait l’astronomie et se plaisait à croire que les extra-terrestres existaient. Il était (trop) sensible et (trop) humaniste dans ce milieu artistique (souvent) cannibale où il faut jouer des coudes pour être en tête d’affiche.
Pour lui rendre hommage, la ville de Sète, à l’initiative de Jacques Barthés, organise une exposition autour de sa longue carrière (souvent chaotique.) Lucien Barjon, né Lucien Bargeon était un grand-père un peu lointain et pourtant si attachant.Qui m’a laissé, en héritage émotionnel, une belle sensibilité artistique.
Exposition du 8 au 22 mars à la Médiathèque François Mitterrand de Sète. Vernissage le vendredi 11 mars à 18h. Aujourd’hui départ donc pour la Méditerranée !
Voici l’affiche et le tableau que je viens de terminer pour lui fêter ces 100 ans « Papette Siblaw ». Si vous êtes dans le coin…

Rétrospective de la soirée du vernissage (quelques photos, coupures de presse et textes) :

TEXTE d’hommage de Roland Bargeon, son fils

Hommages de Gabriel Garran et Pierre Arditi

 Et la carrière de Lucien Barjon en vidéo :

« Dieu existe. Il est celui que tu désires être un jour », Jamel Balhi


Comme une conclusion après 18 mois de course à pied sur « Les routes de la foi » de Jamel Balhi aux éditions Transboréal. Humilité et amour. Une forme chaleureuse de sagesse.

(R)éveil, Terrac, Ariège, 31 juillet 2015, FredBargeoN

(R)éveil, Terrac, Ariège, 31 juillet 2015, FredBargeoN

page 336 : (du chapitre « Lhassa : ultime sagesse« ) « …J’éprouve seulement un sentiment de plénitude, la certitude d’avoir atteint l’inaccessible. Un rêve réalisé. Aucune récompense ne pourra me gratifier d’une telle victoire sur soi-même et sur les incertitudes du départ. Aucune récompense n’aura autant de valeur que ces petits moments d’amour distillés par des inconnus qui m’ont accueilli sous leur toit. Qu’ils soient adorateurs de la Croix, du Croissant, de l’Etoile, du Trident ou du Vajra, l’amour que portent en eux les hommes est indépendant des symboles, si sacrés soient-ils. Je n’oublierai jamais ces paroles de mon ami Christian Farra de Beyrouth : « 17 ans de guerre et on aime tout le monde. » Au royaume du dalaï-lama, ces mots trouvent un écho singulier. Elles traduisent l’humilité de tous les maîtres rencontrés en chemin. Dieu existe. Il est celui que tu désires être un jour.« 

Personnellement ces quelques mots me bouleversent. Pour quelques instants je m’échappe de la chape de plomb des discours haineux, sectaires actuels. Je m’échappe. Une évasion qui dure plus qu’un instant.

Frédéric Bargeon

 

Jamel Balhi, coureur de fond et passeur émérite d’humanités sur les routes du globe


Il y a dix jours, je furetais dans la librairie indépendante la plus authentique que je connaisse, « La Mousson », devenue à présent une « institution » puisque elle a vitrine sur placette depuis une bonne quarantaine d’années dans cette sous-préfecture du Couserans, la placide ville de Saint-Girons. Ici, le peuple ariégeois lit et semble ne pas commander sa lecture sur le site américain, monstruosité que je ne nommerai pas capable de vendre un lave vaisselle et une encyclopédie en même temps. Un des effets de la rationalisation. Sans doute.

Vivant à quelques kilomètres de là, j’arpente régulièrement les allées minuscules et surchargées de livres, de papiers, de beaux arts et autres merveilles. « La Mousson » c’est une Madeleine pour tous ceux qui aiment les mots et l’odeur du papier. Une librairie à l’ancienne. Un peu en bordel ; un classement singulier. Et y a toujours une surprise entre deux étagères, une petite pépite qui vous tombe sous l’œil, puis sous les doigts. Puis qui vous semble une évidence. Évidence de lecture. Sans hésitation. C’est ce qui m’arrive de temps en temps dans un tout petit coin dédier à l’art en général à la spiritualité aussi. Aux témoignages surtout.

Il y a donc dix jours, j’ai fait une magnifique rencontre. Une rencontre qui m’émeut encore et qui bouleverse réellement mes pensées et mon coeur. Surtout dans ces temps où l’on cherche tant bien que mal un tout petit peu de bienveillance. Il faut dire que c’est un peu bancale. Un peu moche. Un peu puant. Un peu glissant en ce moment. Dans ces violences qui deviennent ordinaires, on se prend à rêver de la simplicité d’un regard, de la chaleur d’un échange. De la douceur d’un partage. Comme un baume pour apaiser les conflits par monts et par vaux qui fleurissent jusqu’au bas de l’immeuble.

J’ai rencontré Jamel Balhi et son témoignage « Les routes de la foi« , une réédition aux éditions Transboréal qui dans cette période de rejets systématiques des religions en général, des croyances en général, des spécificités en général, dans cette période où les dirigeants incompétents aiment à dresser les uns contre les autres pour masquer leur insupportable responsabilité dans la déliquescence de nos existences et la propagation des guerres et autres conflits qui jettent sur les routes des millions de réfugiés est un livre qui ouvre, élargit, percute, observe, et jamais ne juge.

Cet homme rencontre et raconte le monde à travers sa passion : la course à pied. Au rythme de ces foulées ils  narrent les humanités et ici les religions monothéistes.  Ce livre raconte un périple de 18 mois de Paris à Lhassa entre 1996 et 1997. Déjà 20 ans et des conflits qui habitent encore les journaux du soir de 2016…

Je laisse la place à sa plume légère, belle, authentique, sans fioriture. Comme une prose de l’émerveillement simple. Et permanent. Merci Jamel Balhi ! Les humanités ont encore une chance de vivre. Les spiritualités aussi.

"Derrière la grille", Beaubourg, Paris novembre 2013, FredBargeoN

« Derrière la grille », Beaubourg, Paris novembre 2013, FredBargeoN

Page 254/255 : (du chapitre « Dormir avec les rats en Inde« ) « Je voyage encore sans but précis, et parfois j’en cherche un. Adolescent, j’ai visité Venise, les monuments de Vienne, les grands musées d’Europe et leurs sculptures de dieux grecs figés, mais les seuls souvenirs que je garde de ces voyages sont mes explorations des bas-fonds des villes. La misère, la pauvreté, le sordide. Impossible d’ignorer ces bandes d’enfants qui sillonnent les rues des capitales, offrant aux touristes des objets volés, de la drogue et du sexe bon marché. Mon espoir fut alors d’abattre la barrière sociale, politique et raciale qui contamine la société, particulièrement dans le tiers-monde, avec ses guerres civiles et son insécurité permanente.

J’ai voulu aider ces pauvres gens, plongés dans la misère, persécutés, exploités, manipulés par les dirigeants politiques, et dans certains groupes ethniques tels que les Kurdes et les Palestiniens, ceux qui luttent contre l’oppression. L’esclavage a, paraît-il, été aboli il y a un siècle et demi, mais que sont ces enfants qui travaillent, mendient ou se prostituent, sinon des esclaves ? Et ces soldats utilisés comme des pions sur l’échiquier de la politique internationale ? Que sont ces coolies croisés chaque jour en chemin ? Ces hommes jeunes et moins jeunes qui vont et viennent sur les routes en quête d’un travail de force contre un salaire de misère qui leur permettra , tout juste, de se remplir le ventre ? 

Question posée à un jeune conducteur de rickshaw rencontré dans une ruelle crasseuse de Delhi et qui venait de se réveiller après avoir dormi toute la nuit recroquevillé en chien de fusil sur le siège de son vélo-taxi :  Pourquoi fais-tu ce travail ?

-Si je ne le fais pas, ce soir mes enfants, ma femme et moi-même n’aurons rien dans le ventre. Le jeune homme âgé de 18 an, est déjà père de trois enfants qui ne connaîtront jamais les bancs d’une école. Je repense souvent à Nasser et Ahmad, les deux Irakiens rencontrés en Iran. Et au destin de Beshkim, l’Albanais…Que sont-ils sinon des esclaves de l’ombre comme il en existe des millions de par le monde ? 

Malgré mon idéal, je continue de me sentir détaché. Et je poursuis ma route chaque matin dès l’aube.« 

""Lignes de trace", Dune du Pyla, été 2013, FredBargeoNLignes de trace", Dune du Pyla, été 2013, FredBargeoN

«  »Lignes de trace », Dune du Pyla, été 2013, FredBargeoNLignes de trace », Dune du Pyla, été 2013, FredBargeoN

Page 165/166 : (du chapitre « L’Iran ou le pays des fleurs noires« ) » Sur la route de Tabriz, ancienne capitale de l’Empire perse, une patrouille de police en Mercedes me croise. Les hommes font demi-tour et s’arrêtent à ma hauteur. Deux barbus…

-Quel pays ? On ne sais jamais. SI j’étais un Turc clandestin passeur d’images non approuvées par le très austère Comité islamique de censure.

-Faransé ! L’un des deux policiers s’exprime dans un anglais parfait. Ma présence sur cette route désolée sidère ces hommes. Leur étonnement cède aussitôt la place à un comportement amical. Nous sympathisons rapidement. Amadouer les policiers d’Iran semble une tâche plus aisée que je ne l’imaginais. Ils veulent savoir si je suis étudiant.

Etudiant, je pensais que je le resterais toute ma vie. C’est la meilleure des positions sociales, à condition d’être étudiant sans université, docteur en rien, étant moi-même mon propre professeur.

A la question « Est-ce que l’Iran t’effraie ? », je réponds que les peurs sont enfouies dans les consciences. Elles ne sont que le signe de nos préjugés.

« En Iran les hommes sont bons, mais la politique est mauvaise, me disent à l’unisson les deux policiers ; ne le répète à personne, jeune homme, car dans ce pays tout le monde le sait déjà. »

Des conversations à bâtons rompus s’improvisent dans cette plaine où courent le vent, les nuages bas et les moutons. Durant une semaine, jusqu’au prochain secteur administratif, la patrouille motorisée viendra quotidiennement à ma rencontre avec de l’eau, des biscuits et des sangak (pain plat). Ces policiers à la réputation de brutes féroces se comportent en copains, et même en très bons copains. « As-tu eu une relation sexuelle avec une Américaine lorsque tu as traversé les Etats Unis ? 

-Dans quel Etat d’Amérique, Sir ? 

-…!« 

Bonne découverte !

Frédéric Bargeon

La gymnastique des mots, le sport favori des dirigeants (politiques entre autres)


Pins et épines squattent les briques, Sitges, Novembre 2014 FredBargeoN

Pins et épines squattent les briques, Sitges, Novembre 2014 FredBargeoN

…à travers le temps, les époques, les différents partis, tous ces hommes (et femmes) se targuant d’idéologies politiques fortes et philosophiques humanistes, aiment à manipuler la foule par quelques tours de magie – mauvais et souvent efficaces –   une entourloupe organisée des mots et des idées…ils sont magnifiquement immuables dans leur phrasé manipulateur ; leur dialectique du bien commun, du vivre ensemble ! Les salauds !

Extrait de « Histoire du tigre et autres histoires »  (dramaturgie éditions) de Dario fio, grand homme de théâtre italien :

  • (les dirigeants) : « Bravo ! Bravo ! Bravo ! Vous avez bien fait de désobéir. Le tigre doit toujours rester avec le peuple, car il vient du peuple. Invention du peuple, le tigre appartiendra toujours au peuple…dans un musée…Non, dans un zoo, pour toujours. »
  • (le peuple) : « Comment ça dans un zoo ? »
  • (les dirigeants) : « Obéissez. On n’en a plus besoin, on n’a plus besoin de tigre, nous n’avons plus d’ennemis. Il n’y a plus que le peuple, le parti et l’armée. Le parti, l’armée et le peuple sont une seule et même chose. Il y a, bien sûr, une direction, par ce que s’il n’y a pas de direction il n’y a pas non plus de tête et sans tête, il n’y a pas non plus la dimension d’une dialectique expressive qui détermine une ligne de conduite qui naturellement part du sommet mais qui se développe ensuite dans la base qui recueille et discute les propositions faites par le sommet non pas comme des inégalités de pouvoir mais en quelque sorte comme des égalités invariables  et déterminées afin qu’elles soient appliquées dans une coordination effective horizontale mais aussi verticale des actions incluses dans les positions de la thèse qui se développent depuis le bas pour revenir jusqu’en haut mais aussi du haut vers le bas dans un rapport de démocratie réciproque… »
  • (le peuple) : « Les TIIIIIIIIIIIIIGRES. (Il mime une agression violente contre les dirigeants.)
  • (les tigres ou les dirigeants) : « EEEAAAAAAAAAHHHHHHHHHAAAAAAAAAAAAAAA ».

Trop fort le dramaturge Dario FO ; surtout en ce temps de « renouvellement » gouvernemental français. Huumm.

Frédéric Bargeon


Créer. Cinq lettres bien anodines pour composer un verbe tout à fait populaire. C-R-E-E-R. Sec et redondant en bouche quand on le prononce nonchalamment. Sans éclat. Exprimer pour annoncer quelque chose d’aussi systématique que d’aller manger un bout ; faire un petit somme. Ou pisser un bock. Éructer à tout va. Oui, tout le monde crée, une vie est une forme de trajectoire créatrice. Sans aucun doute. Créer avec sa tête, ses mains, son corps, et tout ça à la fois. Créer sans s’en rendre compte par ce que la vie est une pelote de laines pleine de nœuds, des fils coriaces dans tous les sens qui ne se tricotent pas aisément ; une sacrée dose d’imagination est nécessaire pour en sortir quelque chose de correct. De fort. D’intense. Ou même de doux. De satisfaisant. D’honnête. Une vie est une création en soi. « Tu es le créateur de ta vie » lit-on souvent dans les réclames des « bien-faiteurs » du bien-être. Un peu facile l’adage. Un fourre-tout à la mode qui se révèle être une coquille vide. Bien souvent. Être le créateur de sa vie et l’acte de créer dans une dimension artistique peuvent, par quelques détours et angles arrondis, se rejoindre, emprunter des sillons similaires, mais l’un et l’autre n’impliquent pas la même intention. La même exigence. La même intensité. La même nécessité absolue. Il y a une différence de taille et mon propos n’est pas de dévaloriser l’énergie créative mobilisée pour cheminer dans sa vie. Non absolument pas. C’est que l’acte de créer tout court, dans le sens artistique du terme ne supporte aucune compromission. Il n’y a pas la moindre place offerte à la complaisance. Aux petits arrangements avec ses valeurs. Avec l’univers intérieur source d’inspiration.

Créer est une succession de pensées, de réflexions qui sont viscéraux, intransigeants, incontrôlables ;  des « dures à cuire » violents, monstrueusement envahissants ils assomment l’âme et le corps de l’artiste de coup de butoirs émotionnels et existentiels, ils accaparent le quotidien et repousse dans des sphères lointaines les petites préoccupations, ils sont vicelards tant ils s’immiscent et gangrènent tous les pores, toutes les cellules, ils sont imminents et pointilleux, irascibles et purulents, c’est comme la lave bouillonnante du volcan. On ne peut que s’absoudre et se laisser lacérer. C’est la semence de la création. L’éden grondant de ce qui, d’un instant à l’autre, va surgir sur une toile, une feuille, une photo.

Alors créer devient le passages à l’acte, ces gestes, ces mouvements qui apaisent l’âme et donne un sens au magma explosif. Exprime et explicite, même de façon sibylline, la pensée, la réflexion, le point de vue philosophique qui, à l’intérieur, grossissaient, mûrissaient et n’attendaient qu’une seule et unique chose naître, prendre forme, et être exposés aux lumières du jour, aux regards aiguisés du monde. Ce monde qui s’il se laisse porter et s’autorise un lâcher prise, verra immédiatement si la démarche est honnête, profonde et authentique. Il le ressentira intuitivement. Le jugement dernier qui n’admet pas les mensonges !

Créer est cet incessant ressac entre procrastination invivable et l’obsession de la mise en forme. C’est déroutant, jouissif, difficile, et totalement irrépressible. Exigeant. Vivace. Et vital. L’artiste ne peut pas faire autrement. Il n’y a pas de stratégies d’évitement ; c’est impossible. Ou alors, c’est la mort clinique et l’apparition du zombie, arpentant les méandres de la vie, désincarné. Vide.

Après quelques mois d’une pause imposée dans ma création, le cycle infernal reprend. Ça va déménager, je vous l’assure !

Pigments et peinture à l’huile sont mes nouveaux compagnons. L’odeur de l’huile de lin déjà titille de son étrange odeur mes narines. J’en ai plein les mains et j’ai les ongles d’apparence crasseuse.

Que les artistes vivent et ne s’empêchent pas de créer. Quoi qu’en pense le monde.

Bargeon (prochainement fBi, soit fédération du ou des Bargeon Incrédule(s), Impatient(s), enfin tout mot commençant par la lettre I ; en fonction de mon humeur.)

Floue


Terrasse, Montpellier, Juin 2014, FredBargeoN

Terrasse, Montpellier, Juin 2014, FredBargeoN

La conscience de soi, d’être, d’exister ; la conscience de l’autre, des autres. La conscience de la vie, de la mort. Les consciences individuelle et collective. Les origines, le sens d’être là, ici et maintenant pour aller où. Tout ce fatras qui colle à la peau et à la tête. Pourquoi vouloir rendre net et précis une substance qui est floue ? Intrinsèquement floue. A croire que les spécialistes en tout genre, se parent de la toge du prêcheur, du guide savant qui, dans un tour d’esprit, parfois d’une condescendance intellectuelle frisant la supercherie, nous font croire – et se font croire – que la conscience de soi est une matière palpable, délimitable, théoriquement abordable, concrètement explicable. Laissons le flou être. Les périmètres scientifiques de la conscience de soi ne semblent être que des subterfuges, tantôt alambiqués, tantôt simplistes, dans le but mesquin d’élaborer le principe élémentaire que certains savent et d’autres ne savent pas. Je crois que personne ne sait et que tout ça reste bien flou. Et le flou n’est pas forcément une menace. C’est d’ironiser et de cracher sur le flou qui dégrade. Accable. Désoriente. Car qui sait vraiment qui il est ? Où il est ? Où il va ? Qui sont les autres ? Tout n’est qu’hypothèses.

Bargeon