Une expérience d’une forme de sacré, de spiritualité vécue dans la simplicité d’une marche « Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi, Jean-Christophe Rufin


Dans un monde qui, d’un côté, voit les extrémistes s’approprier le sacré comme pour dominer et imposer et de l’autre, voit un athéisme consumérisme ridiculiser le spirituel, l’expérience de Jean-Christophe Rufin permet de faire fondre ce manichéisme absurde !

Extrait de « Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi » de Jean-Christophe Rufin (édition de poche Folio), page 209 : « 

Entre terre et cieux le soleil colorent de sa palette infinie, Cabrières d'Aigues, Vaucluse, 1er janvier 2015, FredBargeoN

Entre terre et cieux le soleil colorent de sa palette infinie, Cabrières d’Aigues, Vaucluse, 1er janvier 2015, FredBargeoN

C’est ainsi que les humains d’aujourd’hui, après le long détour des monothéismes, en reviennent parfois à des éblouissements spirituels qui leur font incarner le divin dans les objets de la nature : les nuages, la montagne, les chevaux. Le pèlerinage est un voyage qui soude ensemble toutes les étapes de la croyance humaine, de l’animisme le plus polythéiste jusqu’à l’incarnation du Verbe. Le Chemin réenchante le monde. Libre à chacun ensuite, dans cette réalité saturée de sacré, d’enfermer sa spiritualité retrouvée dans telle religion, dans telle autre ou dans aucune. Reste que, par le détour du corps et de la privation, l’esprit perd de sa sécheresse et oublie le désespoir où l’avait plongé l’absolue domination du matériel sur le spirituel, de la science sur la croyance, de la longévité du corps sur l’éternité de l’au-delà. Il est soudain irrigué par une énergie qui l’étonne lui-même et dont, d’ailleurs, il ne sait pas très bien que faire.

….En redescendant vers le barrage de Salime, j’avais le sentiment de n’être plus tout à fait le même. Certes, je ne revenais pas chargé des tables de la loi, nulle voix ne m’avait dicté un nouveau Coran ou de nouveaux Évangiles. Je n’étais pas devenu un prophète et ce n’est pas pour convertir quiconque à quoi que ce soit que j’écris ces lignes. Cependant, dans ce qui fut pour moi l’apogée mystique du Chemin, j’ai eu le sentiment de voir la réalité se perdre et me permettre d’apercevoir ce qu’il y a au-delà d’elle et qui se diffuse en chacune de ses créatures.

A la béatitude bouddhique s’ajoutait désormais une plénitude nouvelle. Jamais le monde ne m’avait paru aussi beau. » 

Son parcours et son cheminement, relatés dans cet écrit est une bouffée d’oxygène dans ce début d’année 2015 où tout est fait pour diviser et mettre dos à dos. La foi quelle qu’elle soit est une question totalement intime.

Frédéric Bargeon

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