Troisième nouvelle du recueil « D’un instant à l’autre » : « Des grillons »


Des grillons

 

Tatouage dans une Fiat 500, Taussat, Bassin d'Arcachon, août 2013, FredBargeoN

Tatouage dans une Fiat 500, Taussat, Bassin d’Arcachon, août 2013, FredBargeoN

Il referme le portail et gare sa voiture dans le vaste garage. Avant d’éteindre les néons, il inspecte son petit bijou, sous toutes les coutures ; prend un peu de recul, la mine éblouie de celui qui vient de concrétiser un rêve de gosse ; effleure le capot encore brûlant, il peut distinguer le reflet de ses doigts dans la carrosserie rutilante du bolide. La grosse cylindrée semble lui répondre, c’est ainsi qu’il  conçoit cet intermède, en faisant crépiter d’aise sa mécanique,  un orchestre de pétillements métalliques qui célèbre leur connivence virile ; souvenirs grisants d’une pédale d’accélérateur écrasée allègrement, de pneus crissant dans les virages en épingle, de mains agrippées au volant en cuir, d’une boîte de vitesses secouée avec doigté. Ils semblent se congratuler pour l’orgasme qu’ils viennent de partager ; rituels explicitement incongrus pour les néophytes. Il claque la porte du garage, laissant avec regret son Alfa Roméo coupé.

Attaché-case en main, il traverse le jardin en ôtant sa cravate. Le mois de juillet est caniculaire cette année, selon les médias locaux, la région risque de subir des restrictions d’eau. Il aperçoit Ève au loin qui ne paraît pas être concernée par la sécheresse ; elle arrose à grands jets les haies de lauriers-roses qu’elle affectionne tellement. Elle les bichonne avec une tendresse qui frôle selon lui l’obsession. Elle lui tourne le dos. Il est ravi. Il n’est pas obligé d’administrer le baiser du soir tout de suite. Il file discrètement au cas où elle se retournerait. Et grimpe les escaliers. Comme un amant indésirable sur le lieu proscrit de l’adultère. Il s’enferme dans la salle de bain. La sienne. Sa tanière humide aux murs carrelés d’un vert anis frais et doux. Apaisant. Le seul endroit où il est capable d’ouvrir sa coquille. Un tête à tête avec lui-même qu’il expérimente avec grande difficulté. Se regarder le nombril sans minauder est une prescription qu’il s’octroie, d’ailleurs, avec parcimonie. Il considère l’introspection comme  un concept spécifiquement inventé pour les âmes sensibles et hystériques ; un déballage d’histoires à coucher dehors pour s’excuser de ne pas s’occuper des affaires courantes. La vie est comme un emballage, il faut trouver la languette pour l’ouvrir correctement sans le déchirer, ça évite de répandre le contenu et de se retrouver comme un con avec une boîte vide. Guillaume est un homme concret. Il avance avec précision, sans rechigner, sans griller les étapes, les yeux toujours vissés à l’horizon, zoomant de temps à autre pour vérifier la solidité de ses objectifs. C’est un besogneux ; un calculateur ; un acharné. Son manque de souplesse lui occasionne quelques frictions avec son entourage. De plus en plus régulières. Ces conflits le déroutent et ébranlent son pragmatisme frénétique. Les mots de certaines personnes, à son grand étonnement, le touchent. Ils sont comme des grêlons projetés avec violence sur le tarmac de son austère personnalité. S’ils sont nombreux à buter contre le revêtement froid de son cœur, certains provoquent des fissures, infimes, que d’autres mots viennent dilater. Ces derniers temps, il se sent irritable. Il réagit aux événements et, notamment aux imprévus, avec une émotivité inhabituelle. Il se sent vulnérable, et accablé par une peur qui ne l’avait jamais effleuré, la peur de ne plus contrôler. J’ai peur de ne plus me contrôler.

Il est nu devant l’imposant miroir. Il inspecte son visage ; ose un regard soutenu dans le reflet de ses yeux. Il se méfie de ce qu’il y voit sans déceler ce qui le dérange. Au loin, il entend l’eau rouler sur les feuilles des lauriers-roses ; il s’enfonce dans l’eau fraîche du bain qu’il vient de faire couler. Ève chante quelques paroles d’un tube des années quatre-vingt. Il sourit. Et se crispe. Il plonge sa tête sous l’eau ; un léger soulagement atténue sa nostalgie.

En été, Ève adore les débuts de soirée. La brise se lève, en douceur, en un  souffle léger et tiède. Le sol craquelé expulse la chaleur emmagasinée ; assoiffé il pousse des soupirs de joie dès qu’elle actionne le robinet d’arrosage. L’eau afflue, vaillante ;  ruisselle et s’infiltre dans les plaies de la terre brûlée. Ève se plaît à imaginer la déglutition de la terre comme le brouhaha festif d’un bal de quatorze juillet. Elle peut rester de longues minutes les bras tendus, actionnant dans une rotation lente et progressive le tuyau, de telle sorte que les moindres parcelles de pelouse, de massif et de haie puissent bénéficier de ce bain de jouvence. Avant d’aller se servir un verre de blanc, elle bichonne ses lauriers-roses. Passe ses mains dans leur feuillage dru et raide, une caresse similaire à celle que son fils, enfant, réclamait à tue-tête dès son gouter englouti. Avec minutie, elle détache les fleurs fanées.

Elle rejoint la terrasse. Pieds nus, elle se régale de patauger dans l’herbe ruisselante. Ma rosée du soir. Elle respire amplement l’odeur de résine et de lavande. Elle sourit ; un frémissement de contentement la traverse. Subrepticement. Dans la cuisine, elle récupère deux verres et la fameuse bouteille de Pouilly fumé qu’elle dispose sur un plateau. Elle ajoute une assiette d’anchois marinés. L’apéro est prêt ; elle n’attend pas son mari qu’elle croit être encore sur la route. Fier comme un nabab au volant de son nouvel engin. Égoïste. La première gorgée lui procure un instant d’intense plaisir qu’elle alimente d’une rêverie coquine. Les relations avec Guillaume sont certes tendues mais elle n’en reste pas moins amoureuse, toujours attirée par son corps solide. Charpenté. Viril. Animal. Avec langueur, elle soulève le verre comme pour porter un toast ; le laisse glisser sur sa gorge ; le fait tournoyer contre sa poitrine. Caresse suggestive qui l’émeut. Elle avale une longue gorgée qu’elle laisse s’écouler lentement ; elle peut suivre le parcours du Pouilly glacé dans ses organes. Prémices d’une soirée arrosée. Quinze ans de mariage, aujourd’hui. La clarté du ciel est similaire au jour de la cérémonie ; et de la fête et quelle fête ! Joyeuse, animée, étourdissante. Elle n’aurait pu espérer mieux, à l’époque. Il serait niais de conclure que la transformation de leurs relations n’est que la conséquence du temps qui passe, vieillit les corps et atténue ou transforme les sentiments. Non ce serait trop simple. Et immanquablement partiel. Ève aimait Guillaume qui le lui rendait si bien

Elle manque s’escaner et repose le verre avant qu’il ne lui échappe. Elle n’a pas entendu Guillaume, tapi derrière elle, aussi discret qu’un loup sur le point de croquer une brebis égarée. Vulnérable. Appétissante dans son attitude de proie facile.

Il l’observe depuis dix minutes. Ragaillardi par la séance d’ablutions dans sa tanière humide. Il a opté pour un costume vert tilleul en lin, celui qu’ils ont acheté l’année dernière à Milan, une de ces escapades dont ils étaient friands, il y a encore quelques mois. Avec ou sans Antoine, selon leur humeur et leurs arrière-pensées sexuelles. Il la pelote du regard. En détails. Sur sa nuque chatouilleuse, quelques mèches de cheveux frétillent. La façon dont ses doigts graciles flottent dans l’air est unique. Comme si elle communiquait avec des anges. Il jubile de la cueillir ainsi dans un instant d’intimité comme celui-ci ; cette même intimité qu’il inaugure depuis peu. Ces solitudes brèves qui permettent de se délester du fardeau social. Une toilette de l’esprit. L’image de soi perçue et renvoyée est un coriace plâtre fabriqué à la fois par soi et les autres. Et ils sont un sacré nombre ces autres à projeter des fantasmes, des défauts, des qualités et des rôles improbables. A inscrire des mots indélébiles sur le plâtre d’autrui. Des mots appris par cœur que chacun incorpore à force de les décrypter dans l’attitude des autres. Et tout le monde participe gaiement. La  ruse collective. Expression sifflée par sa femme. Souvent.  Notamment, quand têtu il l’envoie paître avec ses histoires de déterminisme social, de culte de l’apparence et d’introspection. Charlataneries. Elle devient furie tant il est buté. Les engueulades s’étirent sur des soirées entières. Parfois des nuits jusqu’au surlendemain. Des heures où ils passent leur temps à s’éviter. Il se sent penaud. Le malaise le tarabuste car il est clairvoyant ; il met une telle pugnacité à camper sur ses positions qu’il en devient ridicule. Vieux con. A la limite de la bêtise. Il n’assume pas. Pas encore. Elle est si sincère. Inconsciente de sa bienveillance.

Il s’approche silencieusement. La fumée âcre du cigarillo coincé entre ses lèvres passe inaperçue ; Ève est capable de s’évader et d’échapper au monde extérieur quand bon lui semble. Elle est ahurissante. Je l’admire. En secret. Il est sur le point de murmurer à son oreille. Se ravise. Et pose ses mains sur ses épaules ; elle sursaute ; s’escane en poussant un cri. Durant une fraction de seconde, il perçoit l’épouvante dans sa chair de poule ; il est sur le point de s’excuser. Prenant conscience que Guillaume n’est autre que l’imposteur, élégant dans ce costume italien, elle éclate de rire. Un rire de rivière au printemps. Des libellules sortiraient de sa bouche, il n’en serait pas stupéfait. Son rire s’éteint trop vite.

Ils s’enlacent. Machinalement. L’un en face de l’autre, embarrassés, ils sont surpris par l’élan de tendresse. D’amour ? L’étreinte est fugace ; chacun se recroqueville dans son animosité. Amoncellement de reproches et de maladresses contenu par un barrage de pudeur. Si l’un ou l’autre se déleste, la soirée sera un désastre. Ils tournent autour du pot depuis des semaines ; le silence chaque jour  un peu plus pesant ne fait qu’alimenter les griefs. Le pot va dégueuler de miasmes. Incessamment. Mais, ils sont lâches ; ni l’un ni l’autre ont appris à aborder correctement les choses qui pourrissent. La bouteille de Pouilly se vide. A vue d’œil. Guillaume va en chercher une deuxième. Noyer les émotions et les laisser se putréfier au lieu de les libérer. Peut-être que l’alcool détendra l’atmosphère et délira les langues. Même si c’est un pugilat. Il est vingt et une heures ; ils se regardent spontanément quand la sonnette retentit.

Ils sont surpris, ils n’attendent personne. Il n’y a guère qu’Antoine qui reçoit des visites impromptues mais il est en vacances avec des copains sur la côte Basque. La sonnette retentit à nouveau. Impatiente. Ils se lèvent à l’unisson. Ève titube légèrement, étourdie par l’alcool. Ils arrivent devant le portail. Guillaume l’entrouvre. Deux hommes de la gendarmerie attendent. Patients. Impassibles. Ils demandent à entrer et à s’installer autour d’une table. Un endroit confortable. Guillaume et Ève se lancent un regard dur et inquiet. Il se dégage une solennité grave dans l’attitude des deux hommes de la force publique qui effraie le couple.

« Monsieur et Madame Peyron, ce que nous avons à vous dire est difficile à entendre. Votre fils Antoine Peyron a été victime d’une noyade à Hossegor, dans les Landes, après plusieurs heures de recherche son corps n’a toujours pas été retrouvé, il est donc considéré comme disparu ; recevez toutes nos condoléances Monsieur et Madame Peyron, nous sommes profondément navrés d’avoir à vous annoncer une nouvelle aussi douloureuse. » Voix posée, limpide, neutre. D’un fonctionnaire habitué à colporter le deuil dans les demeures. Pénible fardeau.

Antoine. Antoine. Antoine. Le prénom bourdonne dans leur tête. Grésille. Tressaute. Court. Se délie. Se morcelle. An.Ne.Toi.netantoi.Antoine. Trépigne. Envahit l’entièreté de leur être. Cogne dans leur tête. Antoine. Ils ne se souviennent plus depuis combien de temps les gendarmes ont quitté le salon ni les consignes qui leur ont été faites. Ils sont peut-être encore là ? Doivent-ils se rendre immédiatement dans le Sud-Ouest ? Retrouver le corps ? Quel corps ? Ah oui le corps d’Antoine. Il est mort. Pas de corps. Plus son corps. Antoine s’amusait dans les vagues. Assommé. Emporté par le courant. Aspiré dans l’océan. Dérive de corps. Un corps musclé. Océan. Immense. Il a peur Antoine. Corps qui coule. Et sombre. Il commence à avoir des poils. Comme son père. Il est seul. Il est où Antoine. Dans l’océan. Les secours sont arrivés très vite. Ah oui ? Une vague. Très forte vague. A happé leur bébé. Il est sous le sable. Fils unique. Il venait d’avoir dix-huit ans. Avec les crabes. Non. Non. Pas mangé par les poissons. Ils n’ont pas suffisamment fouillé la plage. Encore. Fouillez. Fouillez. Fouillez. Les entrailles de ce putain d’océan Atlantique. Encore. Fouillez. Assassin. Récurez tous les recoins. Il est sur le sable. Pas loin. Ils ne regardent pas dans la bonne direction. Mais qu’est-ce qu’ils foutent les sauveteurs ? Il est là. Je le sais je suis sa mère ! Ohohoho. Ecoutez-moi, il est par là. Tu as vu Antoine. Chéri, va chercher Antoine, je n’aime pas quand il attend, seul, à la gare. Regarde comme il est beau, je suis sûre que toutes les filles… comme il dessine bien… Il respire Antoine. Quand il dort on dirait qu’il est au pays des magiciens, regarde comme il sourit. Il est fier sur son scooter. Un grand avenir. Mort ? Avenir devant lui. Il est si jeune. C’est l’anniversaire d’Antoine aujourd’hui. Je ne sais plus. Mon fils. Seul fils. Il déteste les abeilles. Peur bleue. Qu’il est couillon. Antoine. C’est des conneries. Mort. Antoine. Quelle grande gueule ! Et farceur. Il n’est pas mort. Je l’appelle sur son téléphone. Antoine ? Comment vas-tu mon grand ? Il court sur la plage avec ses copains. Comment déjà ? Ah oui, sûr il est avec Djilali. Son meilleur pote. Quel duo ! Plein d’amour. Antoine. On t’aime Antoine. Attends, je te passe ta mère. C’est loin l’océan. Tu feras attention à toi. Oui nous savons. Tu as le permis. Oui t’es un adulte. Petit bout de chou. Il va avoir froid. Papa et maman vont venir te chercher. Tu as peur. Viens te blottir.

Antoiiinneee. Un cri déchirant. Guillaume vient de hurler le prénom de leur fils. Plusieurs fois. A en perdre la voix. Un cri fort. Vibrant. D’une densité violente qui les extirpe de leur stupeur. Ils sont dans le salon. Hébétés. Ahuris, ils posent leurs yeux autour d’eux. Ils semblent découvrir pour la première fois cette pièce pourtant si familière. Ils cherchent les propriétaires des lieux. Ils ne les connaissent pas, même s’ils trouvent qu’ils ont du goût. Similaire à leurs propres goûts. Ils sont des étrangers dans leur maison. Si belle maison. Et grande. Arrogante selon des langues de vipère.

Antoine est mort. Disparu dans les fonds marins. L’océan est un linceul bien vaste pour un adolescent.

Leurs regards se croisent ; ils s’identifient dans leur douleur commune. Insupportable. Lui est terrifié ; elle hagarde. Il ouvre ses bras. Elle ne vient pas s’y blottir. Une tension grimpe en elle. Son cœur est comme un thermomètre exposé à une température inhabituelle ;  ascension vertigineuse du mercure. Elle explose. Injuste est le seul mot qui sort de sa bouche. Son visage se déforme. De rage. Des spasmes de colère la secouent. En cascade. Elle répète ce mot à l’infini, comme un mantra libérateur. Injuste. Le mantra de la résurrection. Injuste. Une prière adressée à des forces obscures qui kidnappent la vie. Quand on s’y attend le moins. Injuste. Des jeunes vies. Injuste. Elle aurait pu mourir. Elle. Injuste. Ou lui, là, aurait pu se scratcher dans son bolide. Injuste. Elle bondit ; se jette à corps perdu dans ce décor, minutieusement confectionné, simulacre d’une vie bien heureuse. A l’abri des besoins. Matériels. Injuste. Incontrôlable. Elle balance les tableaux accrochés aux murs, arrache la tapisserie. Injuste. Balance à travers le salon tout ce qui lui passe par les mains. Bibelots, livres, tables, chaises. Injuste. Lacère le canapé de coups de ciseaux. Guillaume tente de la contenir. Il se prend une volée de gifles. De coups. Injuste. Qui le fait vaciller. Injuste. Une photo d’Antoine stoppe sa crise. Net. Prise l’année dernière dans le jardin.

Elle décroche le cadre. Délicatement. Comme une relique. Sors de la maison en courant ; s’allonge dans l’herbe. Elle serre la photo. Fort. Les grillons sont en concert. Ils chantent des louanges. Un chœur doux et hypnotique qui sort des entrailles de la Terre. Elle s’endort. Guillaume au loin, l’observe. Perplexe.

Frédéric Bargeon

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2 réflexions sur “Troisième nouvelle du recueil « D’un instant à l’autre » : « Des grillons »

  1. Une lecture qui laisse sans voix, tant les émotions sont finement décrites, ou comment d’une vie paisible et épanouie l’on bascule dans le néant à la vitesse d’une vague.

  2. Tu as décrit l’arrachement de la vie d’un enfant à ses parents avec beaucoup de finesse, de délicatesse sans oublier cette colère…sentiment d’injustice!
    Ta sensibilité, qui resurgit dans l’écriture de tes nouvelles, m’émeut!
    Merci de me procurer autant de bonheur à chaque lecture!

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