Pensée du jour vingt-six mars


Autoportrait en plongée, Montrouge, FredBargeoN

Autoportrait en plongée, Montrouge, FredBargeoN

« Regarder autour de soi au-delà de la fenêtre et du boulevard, parfois ça pique comme une barbe trop drue. Les pupilles s’ébouillantent en regardant s’enflammer de froideur les gestes des uns envers les autres ; et vice versa.

Regarder trop intensément afflige les sens. Le cœur se fige et crie pour devenir bloc de granit ; l’égarement collectif et l’inertie maladive infiltrent ses chairs bien trop fines pour sa vulnérable condition ; ils sont des poisons acides qui cassent la vivacité de son charisme.

Regarder de trop près ce fourmillement de milliards de cerveaux qui s’amassent sur toutes les terres arables, souvent, ça donne envie de dégueuler. Jusqu’à ce que la dernière larme de bile mêlée de sang colore le pavé.

Regarder trop loin dans l’autre c’est regarder trop loin en soi et se rendre compte d’une similitude assez absurde : l’aridité de toutes les substances humaines une fois ôté le déguisement social ; l’émotion est  caricaturale à souhait , l’intérêt sincère est malléable jusqu’à plus soif. Chacun est centré sur soi. Et peu importe les autres. Peut-être est-ce le principe immuable de la vie, d’être auto-centrée.

Regarder trop longtemps autour de soi revient à ne plus avoir envie de regarder du tout et laisser rouler le monde tel qu’il se déroule depuis, semble-t-il, l’apparition de l’humanité. Un cycle infernal de civilisations s’exténuant, au fur et à mesure, jusqu’à leur extinction. Souvent barbare. Ou conséquence de leur barbarie. Peut-être est-ce la nature des groupes, communautés et autres civilisations d’être barbares

 Après l’avoir regardée de plus près, l’humanité  est comme une barbe trop drue. Quand elle pique trop, quand elle est barbe embarrassante ou barbe folle, on la coupe et ça repousse. Cycle perpétuel et bien rodé. A l’échelle collective et individuelle. Chacun est un poil dont l’absence et sa disparition n’affligent pas les autres, si ce n’est éventuellement les poils collatéraux. Et la barbe pousse et repousse. Pousse et repousse. Jusqu’au jour où il n’y a plus aucun poil pour engendrer la barbe.

Je tourne le dos à la fenêtre et ne regarde plus.« 

Frédéric B.

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