Pensée du jour quatorze février


De chair et de clous, FredBargeoN

De chair et de clous, FredBargeoN

« Il l’attendait sous l’abribus. L’averse était fugitive, intense presque vivifiante. L’air était doux. Pourtant, il frissonnait. Par bribes. Resserrant le col de coton sur son menton fraichement rasé. Il frôlait de son index délicat ses lèvres légèrement humides. La pluie redoubla d’intensité. Les gouttes maintenant obèses s’écrasaient dans un fracas obscène et giclaient leur sueur de ciel ; éclaboussant sans vergogne les ourlets de l’homme inquiet. Il n’osait trépigner. Il ne voulait pas être surpris dans une attitude d’impatience. Vulgaire. Il savait qu’il n’attendait pas en vain. Son cœur , de sa voix à la fois franche et émue, n’avait cessé de lui chuchoter l’émoi qui le tenaillait depuis cette fameuse nuit. Un émoi extraordinaire. Celui que l’on ne ressent qu’une fois. Peut être deux. Il écoutait son cœur. Il tambourinait. Jusqu’à une forme de transe quand il vit une silhouette courir de l’autre côté de la rue. Comme propulser par un désir qui n’attend pas. Dégoulinante dans son imperméable rouge. Les joues de l’homme s’empourprèrent. Brûlèrent. Et il se noya dans la certitude de l’étreinte imminente. Presque éternelle. Ils s’en souviennent encore. Tous les deux, côte à côte, dans leur linceul de lys et de soie. »

Frédéric B.

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