La vie c’est aussi une bonne dose de mauvaise foi : extrait de « Le transfuge » de Richard Wright


FO Paris ©« Cross ne pouvait ignorer tous les échos éveillés en lui par sa décision d’aller habiter chez les Blount. Il avait accepté leur invitation avec mauvaise foi : ce qui était maintenant chez lui une habitude presque congénitale. Mais il réalisait que ses adversaires aussi agissaient avec mauvaise foi, une mauvaise foi dont ils étaient cyniquement fiers. La mauvaise foi n’était pas inconnue de Cross : non seulement il en avait été longtemps coupable dans ses rapports personnels, mais il était convaincu qu’un certain degré de mauvaise foi était inhérent au fait de vivre. La répression quotidienne du sentiment de terreur qu’on a devant la vie, la conspiration de grande envergure qui consiste à prétendre que la vie tend vers un but de rédemption, la supposition gratuite que nos rêves et nos désirs sont réalisables – toutes ces attitudes, qui sont les nôtres à chaque heure, étaient basées sur la mauvaise foi. Mais quand Cross vit la mauvaise foi considérée comme une manière de vivre, quand il vit que des hommes mobilisaient les espoirs et les angoisses naturels d’autres hommes à des fins qui leur étaient strictement personnelles, il devint comme hypnotisé par un tel spectacle. »

Extrait de « Le transfuge » (Edition Folio, page 277) de Richard Wright un des premiers grand écrivain afro américain reconnu par le public blanc dans la première moitié du 20ème siècle.

Frédéric B.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s