Les pléiades, exposition temporaire du musée Les abattoirs de Toulouse laisse…


…un brin dubitatif. Un voile d’amertume a envahi mes yeux au fur et à mesure que je m’enfonçais dans les entrailles des abattoirs de Toulouse. Et pourtant, j’admire les espaces relativement immenses de ce musée où, jadis, des vapeurs de sang et de tripes s’échappaient des cadavres dépecés. Belle reconversion. Sans aucun doute. J’y pose mes pieds dès que je séjourne dans la ville rose.

L’intitulé de l’exposition actuelle Les pléiades suscitent des rêveries, de la grandiloquence, de l’extraordinaire. L’imaginaire est interpellé par ce terme précieux. L’exceptionnel se cache inévitablement derrière. Ou tout au moins est-ce une faiblesse émotionnelle de mon esprit ? Une croyance déplacée ? Car, ici, rien d’exceptionnel. Non pas que certaines œuvres ne soient pas dignes d’intérêts bien au contraire. Le problème, désagréable épine à mon sens, est l’amoncellement. 23 FRAC sont présentes pour les 30 ans des dites FRAC. Une idée pertinente que de fêter un anniversaire. Surtout celui d’institutions régionales garantes d’une ouverture et d’une implication artistiques sur l’ensemble des territoires. Qu’ils soient ruraux ou urbains. Des collections régionales d’art contemporain. Nomades et accessibles pour tous.

« Les pléiades » auraient pu être « Le vaillant fourre tout contemporain ». Chaque région bénéficie de son espace, un peu comme dans une foire gastronomique ; parfois quelques flirts entre plusieurs FRAC  apparaissent comme une tentative de dialogues entre les artistes. Ou plutôt pour réunir une même famille  de supports (les vidéos notamment.) Mais la sensation de vide grenier est latente. En permanence. Elle s’accroche au cœur comme une pathologie cardiaque. La scénographie reste un étonnant mystère. D’ailleurs existe-t-elle vraiment ? Quel est le sens sibyllin de ce parcours ? Si ce n’est de montrer que les FRAC ont acquis des tonnes de matières artistiques. Les différentes œuvres proposées sont repliées sur elles-mêmes. Elles semblent sombrer dans une solitude déprimante. On passe de l’une à l’autre comme on passe d’un rayon à l’autre dans un supermarché. Il n’y a aucune magie. Aucune surprise. Parfois même, on se pose la question du vieillissement de l’œuvre, de sa pertinence. Sans propos précis, revendiqué que reste-t-il  d’une démarche artistique et son produit fini, quand l’amoncellement phagocyte les œuvres. L’esthétique est absente, le discours tout autant et le sens est rangé dans le tiroir des fantasmes. Finalement Les pléiades pourraient être une œuvre d’Arman. Alors, la magie aurait opéré. Mais ce n’est pas Arman qui propose cette accumulation géométrique dans cet espace toulousain, c’est une exposition officielle et importante. C’est avec un sentiment de frustration que je suis ressorti. J’ai arpenté les allées Charles de Fitte avec désarroi tant mon imaginaire excité a été déçu. Mais qu’ont-ils voulu exprimer les commissaires et autres organisateurs ? A moins que la concertation entre les 23 FRAC fut un acte aussi fastidieux  que de gravir l’Everest ? Il est peut être là le grain de sable…une non communication entre les régions. Et une ascension vers l’incohérence. Va savoir. Ce n’est pas une attitude, supposons qu’elle soit vrai, respectueuse des artistes présentés.

Toutefois, mon œil a capté quelques belles pièces (il y en avait certainement d’autres mais comme je l’ai précisé, elles ne pouvaient exister réellement dans ce fourre tout contemporain) Ci-dessous quelques photos.

Pour renouer avec l’enthousiasme, « Les pléiades » existent aussi hors les murs des Abattoirs. Dans 30 gares de France ainsi qu’aux Galeries Lafayette de Toulouse, des travaux d’artistes sont offerts à tous. Il semble que ces expatriations soient une réussite. Michel Blazy et son « champignon » éphémère, Patman 2 sont d’une force à couper le souffle (dernière étage des galeries Lafayette.)

Frédéric B.

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