Le mal être, la rupture et l’amour perdu par Mathias Malzieu


Tree tag, bord de Loire, Nantes, Fred Bargeon

Tree tag, bord de Loire, Nantes, Fred Bargeon

Après avoir lu « La mécanique du cœur » de Mathias Malzieu cet hiver, j’ai acheté son dernier roman « Le plus petit baiser jamais recensé. » Un roman fantastico-poétique. Le singulier univers épistolaire du chanteur/écrivain est si étonnant qui dorlote l’esprit à chaque page. Chaque phrase est une perle d’invention et d’hymne à la beauté des mots. Sans aucun snobisme, dans une simplicité déconcertante, la quête amoureuse de son inventeur-dépressif est jouissif et terriblement la question cornélienne que nous nous posons tous. Parfois, souvent, ou rarement, mais cette question énorme de l’amour hante nos vies nimbées de solitude et de peurs.

Extrait : l’amour vécu, l’amour perdu, le mal être de la rupture :

Pages 74/75, « Le plus petit baiser jamais recensé », Mathias Malzieu édition Flammarion :

« Le problème c’est que ma tête n’est jamais reposée. Mon cerveau est une maison de campagne pour démons. Ils y viennent souvent et de plus en plus nombreux. Ils se font des apéros à la liqueur de mes angoisses. Ils se servent de mon stress car ils savent que j’en ai besoin pou avancer. Tout est question de dosage. Trop de stress et mon corps explose. Pas assez de stress, je me paralyse. Mais le démon le plus violent, c’est bien moi. Surtout depuis que j’ai perdu la guerre mondiale de l’amour. Je suis devenu un putain de sapin de Noël de janvier toute l’année, du genre qu’on abandonne sur les trottoirs après l’avoir dépouillé de tout ce qu’on lui avait donné.

Avant d’en arriver là, j’avais par amour accepté de couper mes racines. J’avais quitté ma forêt sauvage pour devenir un arbre domestique. J’avais appris à devenir heureux en appartement avec mes guirlandes électriques pleines de faux contacts. J’avais conne la joie « longue focale » de la projection. La grande aventure d’une certaine normalité. L’ordre des choses. Les plans de chimie amusante, celle qui changeait les rêves d’enfants en rêves d’avoir des enfants. Et c’est l’intensité folle de cet espoir détruit qui me plombait aujourd’hui.

Je me souvenais encore le jour où elle m’avait déclaré sa flemme d’aimer. C’était devant la télé et je n’y comprenais plus grand-chose en la regardant dans les yeux. »

Et ainsi de suite, je m’en lèche les babines et les doigts à chaque page. Un vrai plaisir de lecture.

Frédéric B.

Publicités

2 réflexions sur “Le mal être, la rupture et l’amour perdu par Mathias Malzieu

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s