Le chanteur de Dionysos est aussi un écrivain. Mathias Malzieu, ou un poète des temps modernes


Sa plume est d’une poésie sensible, drôle, imagée ; elle transporte dans des rêveries où le monde imaginaire du poète-chanteur se dessine avec intensité et féérie. Pour l’amour des mots.

"Teenage couple on Hudson Street, New York, 1963, épreuve argentique de Diane Arbus

« Teenage couple on Hudson Street, New York, 1963, épreuve argentique de Diane Arbus, exposition temporaire, Fondation Lambert, Avignon

Cette joute chantée entre deux enfants aux corps brinquebalants est si belle que j’ai eu envie de la partager :

P27, extrait de « La mécanique du coeur » de Mathias Malzieu, édition J’ai lu :

La jeune andalouse dont le son de sa voix rappelle le chant d’un rossignol, mais avec des mots : « J’ai perdu mes lunettes, enfin j’ai pas voulu les mettre, elles me font une drôle de tête, une tête de flamme…à lunettes. Je me fous d’y voir flou pour embrasser et chanter, j’préfère garder les yeux fermés.« 

Le jeune garçon dont le coeur est une horloge, sans ce mécanisme, il serait déjà mort et n’aurait pu vibrer d’un amour naissant et puis quand il a vu la jeune andalouse, il a pensé « Ses seins ressemblent à deux petites meringues si merveilleusement bien cuites qu’il serait inconvenant de ne pas les dévorer sur-le-champ » ; il se lance : « Oh mon petit incendie, laissez-moi croquer vos habits, les déchiqueter à belles dents, les recracher en confettis pour vous embrasser sous une pluie…« 

– « Je n’y vois que du feu, en quelques pas seulement je peux me perdre au loin, si loin dans ma rue, que je n’ose même plus regarder le ciel droit dans les yeux, je n’y vois que du feu.« 

– « Je vous guiderai à l’extérieur de votre tête, je serai votre paire de lunettes et vous serez mon allumette.« 

– « Il me faut vous faire un aveu, je vous entends mais ne pourrais jamais vous reconnaître même assis entre deux petits vieux…« 

– « On s’frottera l’un contre l’être à s’en faire cramer le squelette et à l’horloge de mon coeur à minuit pile on prendra feu, pas même besoin d’ouvrir les yeux.« 

– « Je sais, je suis une flamme de tête, mais quand la musique s’arrête j’ai du mal à rouvrir les yeux, je m’enflamme allumette mes paupières brûlent de mille feux à en écraser mes lunettes sans penser à rouvrir les yeux.« 

Putain que c’est beau à en tordre le coeur jusqu’à la limite d’un haut-le-coeur.

Frédéric B.

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