Le mouton noir est mort !


Le mouton noir a déserté son blog. Il a pris des distances devenues presque viscérales au fil des semaines vis à vis de l’écrit, de sa plume, de ses pensées et du monde contemporain. Ses envies épistolaires et ses intentions utopistes se sont liquéfiées puis desséchées. Son coeur s’est refroidi, le souffle de l’espoir et son colérique dégoût se sont taris en même temps que l’année 2011 faisait ses valises pour un ultime adieu.

Image(Pascal Convert, Le temps scellé, Joseph Epstein et son fils, 2009, collection permanente Beaubourg)

Le mouton noir s’est comme fossilisé. Un puissant ras le bol s’est emparé de sa laine noire puis a grippé ses bêlements lucides, revendicatifs souvent excessifs sur l’humanité et ses rouages, humanité qui révulsait  intensément le mouton noir et alourdissait son quotidien. Sa clairvoyance sincère était un véritable sacerdoce, difficilement compatible avec la construction et l’élaboration d’un projet de vie quel qu’il soit. A trop regarder tout ce qui dérape, dysfonctionne, disjoncte, le fil extrêmement fragile et délicat de la vie peut se détruire. Se rompre définitivement. Des hurlements de mots sont-ils pertinents s’ils étranglent son auteur ? Quand bien même, ce déferlement de mots séduit des lecteurs. L’écho de la révolte est la révolte, l’écho de la haine est la haine, l’écho du désespoir est le désespoir, l’écho du pessimisme est le pessimisme. Et tous ces échos ont oppressé le mouton noir au point de le faire vaciller dans une lassitude terrible. Inutile. Stérile. Polluante. Stressante. Et finalement morbide. Le mouton noir est donc mort au cours du premier trimestre 2012. Son agonie a été épuisante, sans fin, comme de nombreux organismes vivants, il a résisté, espéré un sursaut, une rémission. La mort a été plus patiente et perfide. Le mouton noir n’est plus qu’une lointaine icône de ce blog. Les signatures qu’il a laissées en bas de tous ses articles resteront là telles des inscriptions indélébiles sur la pierre tombale.

Vous pouvez ainsi comprendre les raisons qui m’ont poussé à laisser expirer le mouton noir. Un duel de western. C’était lui ou moi.

Image Ombre partielle du vrai moi, Normandie

Moi ? Qui est donc ce moi ? Le vrai moi, celui qui s’est laissé dominé par le mouton noir, le mouton noir révolutionnaire, haineux, triste et domptant difficilement sa colère ! Le vrai moi aspire à l’harmonie, la diversité, le partage, la pluralité, la tolérance, la bienveillance. Tout en étant aussi lucide que le mouton noir ! Mon vrai moi va tenter, avec je l’espère, autant de sincérité et de qualité, d’élaborer des articles qui offriront des échos plus doux, plus optimistes, plus pétillants.
L’année 2012 est une année de grands bouleversements collectifs et intimes. C’est l’année de la vérité sur soi et de la clairvoyance. Ma vérité et ma clairvoyance sont qu’il est temps de tourner le dos aux vieux archaïsmes et obsolètes croyances que tentent, avec obstination, de nous imposer encore les candidats à l’élection présidentielle : à savoir diviser, morceler, exclure, opposer les uns aux autres pour dominer. L’être humain n’est pas binaire comme un ordinateur. L’Homme est capable de vivre en société  différemment que dans le schisme.

Frédéric

Publicités

Une réflexion sur “Le mouton noir est mort !

  1. tout est mortel…. la haine est effectivement stérile et mortifère : adieu donc le mouton noir qui avait su faire écho à la partie sombre de l’humanité
    bienvenue à Frédéric qui, porté par ce nouvel espoir et sa lucidité légendaire, saura j’en suis sure éclairer notre monde
    bien à toi – jr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s