L’Homme est un Animal presque comme les Autres. Et alors ?


Ce n’est pas son animalité qui entrave l’Homme,  c’est sa persistance à croire que ses distinctions sont supérieures à l’Animal…

Avant de poursuivre, je préciserai qu’Homme et Animal sont des entités faisant parties intégrantes de la Nature. La Nature est un grand ensemble d’êtres vivants. Sa composition est complexe, d’une abondante richesse. Des roches aux herbes, des arbres aux crustacés, des animaux aux hommes, en passant par toutes sortes de micro organismes. Les ramifications semblent sans fin. La liste est volontairement restreinte, je suis un Homme et j’ai tendance à entretenir ma lourde tête amnésique – l’Homme étant l’aboutissement le plus complet alors pourquoi m’emmerder à penser à tous ces autres organismes vivants – L’idée de Nature est si vaste qu’en chercher ses frontières est d’une arrogance toute humaine. L’Homme semble vouloir défier la Nature, la ressentir et la vivre comme une indigène indigente, une moins que rien alors que, sans elle, l’Homme n’est pas plus ragoutant qu’une bonne grosse bouse de vache desséchée. Une catin aurait une meilleure place quand on observe les comportements dévastateurs de l’Homme envers la Nature, donc envers lui-même. Ne jamais oublier que l’Homme est un maillon de la Nature. Pauvre con.

Installation céramique, Marc le Dizet, Galerie Lulu Mirettes, Toulouse

Et l’Homme pavane fièrement – depuis des siècles, mais je crois que la folie s’amplifie – se glorifie d’être accompli. La philosophie ne se targue-t-elle pas de mettre en opposition Nature et Culture ? Inné et Acquis ? Soit, cette matière offre le privilège de réfléchir et de se poser des questions. C’est déjà fabuleux. En revanche, c’est la mise en contradiction qui dérange. Qui me dérange. L’Homme et ses sociétés successives ont développé une « certitude », une « religion », un « mantra », une « obsession », une « idée créative » : l’Homme est un être supérieur à la Nature et à l’Animal parce qu’il pense, élabore, construit et projette. Ah bon ? N’y aurait-il donc qu’une seule et unique façon de construire et de projeter ? Le cerveau humain serait donc la machinerie, l’instrument le plus expérimenté pour élaborer des stratégies de survie de son espèce – de ses espèces, là aussi malheureusement, l’Homme supporte difficilement les diversités humaines – pourtant, il s’agit bien de survie. A deux niveaux. Maintien de(s) l’espèce(s) et prolifération – un peu comme les microbes – Rassurons-nous, ce comportement  de survivance et de prolifération est le leitmotiv de toutes les espèces. Naturelles.

L’Homme comme les Fourmis se déplacent, en groupe, en masse. Dans des embouteillages-colonisations, sans fin, l’Homme et la Fourmi semblent se confondre dans leurs incapacités à déserter le groupe. Avez-vous déjà vu une fourmi se baladant seule, en bikini, juste pour flâner ? Intime. Pour souffler. Se retrouver avec elle même.

Vieux chêne dans un champs, Le Berry

L’Homme se targue d’être individualiste, de ne penser qu’à lui même. Pourtant c’est faux – en apparence, il est crânement individualiste, alors que… – l’Homme est habitué à manger dans les mêmes espaces aux mêmes horaires avec convivialités – ou, sans, le plus souvent – à vivre l’un sur l’autre. A évoluer dans une société extrêmement bien structurée. Il y a des chefs et des sbires. Comme chez de nombreux de ses collatéraux animaliers.Vivre en toute individualité est une utopie, construite par le cerveau humain. L’Homme est incapable de vivre sans référence à l’autre. Il a besoin de ses congénères. Comme son état d’Homme a besoin de tous les autres maillons de la Nature

L’Homme aspire à être Aimer. Puissamment. A en perdre haleine. Comme les chiens envers leur « maître ». Eux, semblent être en capacité d’assumer la fidélité et la constance. Reconnaissance des caresses et des gamelles bien achalandées. L’Homme moderne s’entoure de chiens. Leur fidélité abordée dans la phrase précédente est un gage d’Amour à tout épreuve. L’Homme aussi peut honorer et se déchaîner en manipulations affables pour conserver cet Amour. En revanche, Le chien – et parfois le chat, et les animaux en général – sont des maîtres pour l’Homme en matière d’Amour. Ils ont, en eux, ce côté viscéral – inné ! – spontané et extrêmement fort – peu manipulateur – que nous préférons appelé docilité, alors qu’il pourrait s’agir de fidélité spontanée. L’existence de la docilité est une construction mentale. Et la capacité de l’Homme à mettre consciencieusement en pratique les travers pervers de son cerveau fait que la docilité – soumission, domination – existe bel et bien, chez lui, dans ses groupes et constructions sociales et pyramidales.

Eglise Saint Etienne du Mont, Paris 5

Et, en effet, L’Homme aspire à dominer. A susciter terreur et admiration. Le pouvoir, l’influence. Dans son intimité. Dans son cercle familial, amical, relationnel. Dans son milieu professionnel. Au niveau d’un quartier, d’une commune, d’un département, d’une région, d’un pays. Au de là, l’influence peut être encore plus néfaste et dévastatrice. Pour exister, l’Homme poursuit un dessein qui semble le dépasser lui même. Il a besoin de conquérir et de maîtriser. D’être supérieur à l’autre. Quel qu’il soit. Il se dévore lui même. Parfois. Quand il n’y a plus rien à détruire. A convertir. L’Animal veut dominer aussi. C’est une question d’espace et de place dans la géographie. Et dans la chaîne alimentaire. Important dilemme alimentaire. Chacun, herbivore ou carnassier, insectivore ou friand de plancton, se met en quête de sa dose quotidienne. La dose est plus ou moins importante et récurrente. Certains serpents mangent rarement quand de nombreux autres êtres vivants passent leur temps à bouffer. Et puis, il y a le logis. Ce logis qui permettra la croissance des progénitures. Voilà de nombreuses occasions de se méfier des Autres. Des prédateurs. Potentiels ou fantasmés. De nombreuses occasions de piller l’autre. De l’anéantir. Ce dernier verbe est applicable à l’Homme.

L’Homme anéantit. Son cerveau élabore une ribambelle de stratégies. Le seul dessein : survivre et procréer. Les fameux besoins primaires de la pyramide de Maslow. La base de toute existence. Végétale. Animale. Humaine. Tous guidés par l’appel des entrailles et la nécessité incompressible de sauvegarder la race. La lignée. Les défenseurs de la supériorité humaine, mettront en avant les émotions, la recherche de solutions complexes et innovantes. Extraordinaires. Révolutionnaires Les avions ne sont il pas les volatiles inventés par l’Homme ? Se prendre pour un oiseau. Fascination. L’ensemble des êtres vivants que comprend la Nature s’adapte, met en place, invente et résiste aux attaques. L’Homme et son cerveau cachent leur animalité derrière des mots. Des concepts. Avant de passer à l’acte. La Nature agit perpétuellement. Elle ne se cache pas. Ne se ment pas.

Détails d'affiche et tableaux, exposition Paris Delhi Bombay, Beaubourg

L’Homme est un Animal et rien de plus. Tout ce qui le motive à agir ne sont que ses pulsions. Pulsions de survie. De vie. Comme la mouche, comme l’antilope, comme le lion, comme le lapin, comme…Est ce si honteux d’être un animal ? Ne pas l’oublier permettrai peut être d’être moins prétentieux, moins destructeur ? Les animaux, eux, semblent avoir compris, ou ressenti, que s’ils ne préservent pas leur garde-manger, demain, ils auront le ventre creux, vide. Attention. Fin de l’espèce. Fin tout court. Et si l’Homme, effectivement, pourrait être élevé au de là du rang animalier, alors il n’a pas encore prouvé qu’il était suffisamment mûr. Cela voudrait dire qu’il se serait affranchi de ses pulsions de survie. De son besoin absolu de dominer. Prouesses. Impossible ?

Le mouton noir

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Une réflexion sur “L’Homme est un Animal presque comme les Autres. Et alors ?

  1. oui l’homme est bien un animal et il en a malheuresement oublié les qualités indispensables
    de survie de l’espèce:courage,patience,observation,adaptation au milieu environemental
    qui peut se modifier à tout moment….
    à quand l’Homme dans toute sa « complétude »? quand il sera responsable de lui même et
    de ses actes. à lire ton texte il va falloir du temps c’est sûr;maiçs je suis optimiste et la
    transformation commence par soi-même. Ton texte est lucide et amer aussi et reflète
    tout à fait la rèalité du moment. je garde espoir!

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