Militaire est une profession pas un sacerdoce : les polémiques sont inadaptées


Le mois de juillet a été mortifère. Les soldats français sont morts en masse (tout est relatif quand il s’agit de chiffres) dans ce pays lointain, l’Afghanistan. Dans les montagnes sèches couleur carmin, la poussière, les talibans-bombes et les kalachnikovs sont le quotidien d’un conflit dont le sens profond nous échappe. A tous. Réellement. Afghans. Occidentaux. Des hommes barbus, enveloppés dans des tissus clairs défient le vent et les ennemis de leur Dieu. Dans leurs villages-pierre, ils seraient à la solde de feu Ben Laden. Des militaires de tous les pays, blancs pour l’essentiel, jeunes, vigoureux, enveloppés dans leur costume vert, sont censés protéger les populations locales. Imposer la paix. Démocratie. Commerce mondial, florissant d’opium. Argent. Trafic. Armes. Tirs. Obus. Violence. Massacre. Folie. Pourquoi ? Trop loin, trop petit citoyen pour comprendre les motivations et les aboutissements d’une guerre qui a l’odeur d’un bourbier. Sables mouvants. Ils s’enfoncent. Tous. Asphyxie financière, humaine. Le sang gicle. De tout côté. Il forme une mélasse dégueulasse quand il vient souiller le sol afghan. Jusqu’à quand ? Mystère. Les gouvernements font des promesses. Rarement tenues. Les élections de nombreux pays, Etats Unis et France, notamment en 2012, poussent les chefs d’états à proposer des calendriers de retraits des troupes. Ils mentent. Peut être. Tellement besoin d’être réélus. Le mensonge est une alternative populaire pour fourvoyer le pseudo citoyen. Tellement empêtré dans des rébus quotidiens. Les agences de notation sont des vautours. Avides de cadavres financiers. Assauts sur les revenus. Le prix des produits de premières nécessités s’envolent. Alors la guerre contre les talibans n’intéresse personne. Sauf quand la nation est touchée dans sa chair. Par procuration. Des soldats tués dans l’exercice de leur fonction et la France tremble. De sanglots. D’horreurs. Le Français est touché dans sa chair. Emotionnellement c’est justifiable. Presque naturel. Spontané. On n’aime pas la mort. Pourtant, 100% des français mourront. Un jour. Jeunes ou vieux. Malades, accidentés, attaqués. Chacun sa mort. Et son entourage de pleurer. De s’habituer à l’arrachement physique que provoque une absence.

Les cris qui grondent dans l’opinion publique depuis ces deux journées consécutives de deuil dans les casernes françaises sont inappropriés. Injustifiés. L’armée, en France, est professionnelle. Les hommes qui font partis de ce corporatisme ont choisi de s’engager. Un militaire est, à mon sens, guidé par une volonté de défendre des idéaux. Ses idéaux. Les idéaux de son pays. Avec courage. A ses risques et périls. Un soldat envoyé pour une mission délicate se retrouve au coeur de son métier. Tel un pompier devant un incendie. Imaginez-vous le quotidien d’un pompier sans aucune intervention et donc sans danger ? Demandez à un pompier si, mentalement, il supporterait une journée sans adrénaline. La réponse sera sans équivoque. Non ! C’est parce qu’il y a des risques, un duel avec la mort mais aussi l’idée de sauvetage qu’un individu devient pompier. Les soldats sont dans une logique similaire. Pensez-vous qu’un de vos fils ferait le choix d’appartenir au ministère de la défense s’il était assuré de croupir durant toute sa carrière dans une succession de casernes à travers la France. Un peu d’honnêteté. De lucidité. La mort violente et la dégradation physique majeure sont les risques les plus importants d’un militaire. Ces hommes ont choisi cette voie. Respecter leur engagement est primordial. Les pleurer sans même les connaître est d’une lâcheté nauséabonde. Et, ce dernier point est d’autant plus vérifiable depuis qu’Eva Joly a proposé de remplacer le défilé militaire du 14 juillet par un rassemblement citoyen. Une partie de la population et tous les partis politiques se sont sentis humiliés dans leurs traditions. Ils ont hué, crié au scandale. Le passé de la France est étroitement lié à la guerre. Un choix s’impose : garder une armée forte et accepter la mort, les mutilations ou s’orienter vers un démantèlement des armées et tourner la page d’une Nation fière de ses soldats et de ses martyrs.

Le compromis, ici, n’existe pas. Sombrer dans l’hystérie et le mélodrame montre à quel point la France et son peuple sont démantelés dans leur dignité et leur courage !

Le mouton noir

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