La diversité une richesse en voie de disparition…


Incessamment le thème effleuré dans le billet précédent  » Tu dois être pareil que moi ! » me taraude. La différence . Les différences. C’est une idée fixe en ces temps paradoxaux de globalisation et de repli sur soi. Ou peut être que l’une provoque l’autre. La peur d’être englouti dans un système aseptisé exacerbe l’esprit communautaire. Une revanche revêche de l’identité. La bouée qui vient sauver in extrémis le mouton de la noyade.

Joseph BEUYS, Plight, 1985, collection Beaubourg

Faut dire que la déferlante de diktats financiers provoque des blessures douloureuses dans les narcissismes collectifs. Ces sphères lointaines dirigées par des hommes sans visage abattent les pays et leur population à coups d’obus disciplinaires. Nébuleuses et intransigeantes, les règles froides de leur jeu n’a rien du hasard. C’est un jeu d’échec puissant et destructeur. Elles se gargarisent d’échec et mat jouissif à chaque coup juteux où l’argent coule à flots. Pour eux. Vers eux. Spéculations. Appauvrissement.

Les cohésions socioculturelles vacillent. Pour la masse populaire, l’ennemi est celui qui est différent, celui qui vient d’ailleurs, qui vient voler le pain de l’autochtone, celui qui vient soit disant déséquilibrer le système, polluer les coutumes nationales. Par ce que cet ennemi se voit, se touche, se sent, existe physiquement.

Le véritable ennemi est diffus aussi intouchable qu’un Dieu dans son monde éthéré. Dans cette confusion candide et pourtant nauséabonde, les différences,  richesses précieuses, sont montrées du doigt. Le danger plane. La ségrégation s’installe Progressivement. Inéluctablement. Une société qui rejette les différences, refuse de les intégrer, de les reconnaître est une société qui se suicide. Les exemples sont multiples. L’histoire regorge de souvenirs monstrueux. La mémoire est courte.

Défilé de danseurs/musiciens, rue de Paris, 2011

Aujourd’hui encore, les prétentions xénophobes ont le vent en poupe. Epuration. Orgueil d’une communauté nourrie de la peur de l’autre. Acteurs politiques et économiques sont complices des atrocités. Attention le consensus n’a pas de place. Le dérapage n’est pas loin quand les hommes politiques s’emparent de la peur. Populisme. Ils dégainent avec ferveur le drapeau de la haine. Pour soit disant protéger. Des Pères Fouettard déguisés en Bons Pères de Famille. Paisiblement, ces affreux jojos, ridicules dans leur costume tout gris, font joujou avec autant de ferveur que des gamins dans une cour d’école. La naïveté en moins.

Solennellement, leurs mots agissent comme des engrais nocifs qui, avec vivacité,  enrichissent la méfiance naturelle des individus envers les diversités. Le coeur des peuples devient aussi intransigeant qu’un champs de maïs transgénique. Prolifération de coeurs durs. En apparence. Aveuglement. C’est oublié que l’histoire de l’humanité est un amalgame de cultures.

Détail d'une peinture (sans titre 1968/69) d'André CADERE, collection Beaubourg

Du partage, de la curiosité, de la violence aussi. L’autre est inévitablement différent car singulier. L’autre, tout comme soi, est un labyrinthe complexe d’émotions, d’idéaux, de schémas, de chairs, de pensées, de faiblesses, de capacités, de rêves, de frustrations. L’autre, comme soi, est formaté par une éducation, une culture. L’autre, comme soi, cherche des autres qui seront toujours différents. Leurre dangereux que de croire l’inverse. Narcisse peut en témoigner.

Aujourd’hui, les peuples sont narcissiques à l’image de leurs dirigeants. Partout le nationalisme réapparaît. Diviser pour mieux régner. Religions et oligarchies financières mènent une guerre identique. Anéantir la fertilité intrinsèque de l’Homme. Vigilance. Action. L’Autre, les Autres nous fascinent, nous ont toujours fasciné. Il est peut être temps d’arrêter le cannibalisme primaire, culturel, social, sexuel, idéologique…

Le mouton noir

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