Spleen urbain


Alentours de Bugarach, Aude

Retour dans le marasme urbain. Bruits assourdissants. Ils viennent de partout. Gueules enfarinées et cernées des piétons. Vite. Ils marchent vite. Comme s’ils cherchaient à semer leur mélancolie. D’autres n’avancent pas, ils sont, là, assis à même l’asphalte puant, poisseux. Eux, ils ne courent plus, ne cherchent plus à fuir leur mal être. Ils ont fusionnés avec leur détresse. SDF. Sans Domicile Fixe. Ils sont plombés, aucun lest envisageable. C’est dingue,  l’amnésie qui s’installe dans un cerveau reposé par quelques jours de campagne. J’ai oublié l’agressivité de la ville comme j’avais oublié la noblesse de la nature au printemps. Les deux mondes ne communiquent pas. Ou si peu, si mal. Gris des façades, roulement des pneus dans les boulevards surchargés.

Mont Bugarach, Aude

Cris des klaxons comme un refrain colérique. Feux multicolores, arbres urbains de métal et de lumières. Trilogie de lumières. Moroses, statiques. Comme des rappels à la loi urbaine. Stop. Attention. Liberté surveillée. Le brouhaha m’agresse. Des flaques regorgeant de saletés m’informent qu’enfin la pluie est tombée. Les gouttes d’eau limpides se mélangent à la saleté de la ville. Tout est sale. Les orgueilleux immeubles exposent leur beauté architecturale. Je ne la vois pas. Je marche aussi vite que les autres. Juste pour retrouver la tiédeur d’une couette. La solitude d’une chambre est l’unique dessein.
Mes yeux se souviennent de la verdeur éclatante des forêts. Les cieux d’un gris capricieux lèchent le faîte des arbres. Partout, les oiseaux parlent, brouhaha d’un autre genre. Le vent distribue les senteurs variées à qui veut bien les saisir. Personne ou si peu. Que la campagne est désertée. Quelle éclatante beauté. L’horizon se laisse admirer. Les couleurs sont multiples. L’air circule. Il transporte les secrets de chaque arbre traversé, de chaque animal effleuré.

Grenouille, Aude

Difficile de comprendre quelque chose. Trop longtemps déconnecté. J’ai gardé ces secrets dans une poche de mon esprit, pour les décoder, bientôt ou jamais. Je les ai amenés avec moi, à Paris. Ils me procurent une sensation bizarre. La nature est un maillon de la beauté. Prendre des bains de nature est fondamental. Pourquoi ? Je ne sais pas. Chagrin d’urbain tiraillé. Ville. Nature. Combat inégal. Préserver la nature. Absolument.

Le mouton noir

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