Le vaudeville quinquennal est de retour


Le siège de la plus haute fonction de l’Etat est à pourvoir en 2012. Rituel quinquennal, quel rythme effréné. Le mot adéquat n’est pas « le siège » mais « le trône ». Le lieu de toutes les convoitises ne s’appelle-t-il pas Palais de l’Elysée ? Appellation d’origine contrôlée certifiée Relais et Château de charme. Luxe et jardin à la française perpétuent des traditions ancestrales dignes d’une nation hautaine, brillante, puissante et visionnaire, celle d’une Nation France monarchique. Les mots ont un poids non négligeable dans l’inconscient collectif. Et « Palais », ça pique dans les neurones. D’autant que l’actuel locataire a greffé un faste clinquant à l’arrogance feutrée. L’argent n’est plus tabou, en user pour assoir sa position est un constat visible à tous les échelons de la société. Le débat n’est pas là. Avant, les hommes de pouvoir ressemblaient à des croques morts autoritaires et cultivés. Les regretter s’est faire preuve d’amnésie nostalgique.

Y a des trucs bien plus hilarants dans cette course électorale. Un véritable scénario de vaudeville dans lesquels les acteurs – toujours les mêmes têtes d’affiche – rivalisent de coups bas, de stratégies assassines pour le plus grand plaisir des spectateurs-électeurs. Juste une question de recul. Si on gomme l’aspect sérieux de l’enjeu, quelle spectacle truculent ! Les ennemis d’hier se sourient et s’enlacent avec chaleur, le temps de quelques meeting, des cachoteries s’élaborent pour évincer celui qui pourrait devenir dangereux, des envolées lyriques et humanistes naissent dans les élocutions. Chaque personnage s’enorgueillit  des promesses dithyrambiques qu’il éructe à tout va pour séduire le mouton. C’est dramatique, comique, jouissif et électrisant. On ne sait jamais jusqu’où ils iront, les limites n’existent plus. Tout est possible. Le dénouement est faussement induit par des sondages de plus en plus contradictoires. Y a un rythme d’enfer. Pas une semaine voire une journée sans un imprévu qui vient relancer la machine. Pas un seul moment d’ennui. C’est tous les 5 ans et on en redemande. C’est du spectacle. Le quidam a besoin de spectacle. Et là c’est du très grand.

Le mouton noir

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