Y a-t-il du sens ?


Peu d’inspiration ces deux derniers jours. Des bouts d’idées, des lambeaux d’agacements, des colères bâtardes, des joies effleurées. Rien. Un néant qui laisse une place somptueuse à la noirceur. Les informations tournent en boucle, une boucle infernale, faite de répétitions violentes, intenables. Images impudiques de corps ensanglantés dans des zones lointaines. Si lointaines qu’elles semblent être un décor de cinéma. Des voix bêtement détachées et grossièrement pédagogiques justifient ce voyeurisme banalisé. Elles viennent éclairer le téléspectateur hypnotisé. Informations anarchiques. Le sang précède le scandale politique, un apaisant reportage sur une destination de rêve ferme le rituel du 20H. Disséminés de ci de là , un peu de festival de Cannes, un peu de social, une bonne dose de faits divers, ça pimente et « Bonne soirée chers compatriotes ». Curieusement, l’énervement ne vient pas. Asséché et surtout lassé. Très las. Ricaner des surprenantes retrouvailles de Ségo et Martine m’a turlupiné quelques heures. Non, non, un coup de poignard dans le vide. Nous savons très bien qu’elles se détestent. Des mantes religieuses, pas plus. Quel manège épuisant cette course au pouvoir. Sarko et le gouvernement ? Trop d’encre, de papiers, de méninges grillés pour rien. Ces hommes ont perdu tout sens de droiture, d’engagement, de parole. Trépigner ? Pourquoi ? Ils s’en balancent de nos battements de coeur. Eux, ils s’appuient sur des chiffres non sur des Hommes. Quoique les uns et les autres sont manipulables. Les Hommes sont devenus des chiffres. Matricule. Pourcentage. Tranche. Sondage. Nous en sommes là et ça ne surprend plus personne. Alors ? Penser à tous ces peuples en guerre ? Je ne sais même plus comment aborder ces conflits. Entre enjeux géopolitiques, intérêts financiers, commerciaux et les tensions tribales, je me noie. Et puis, une douleur amère dans ma tête est, là, lancinante. Rien n’avance. Stagnation. Habitudes d’entendre quotidiennement attentat au Pakistan 80 morts, attentat en Irak 55 morts, Libye 10 morts, chaos en Égypte, en Tunisie, en Palestine, en Côte d’Ivoire. Banalités. Des morts en nombre, des histoires de territoires, de places, de pouvoirs.

Mahalaxmi, peinture émaillée sur rideau en métal, 2002, de Atul Dodiya, Beaubourg, Paris Delhi Bombay

Mais putain ça va s’arrêter quand ? Jamais. Jamais parce qu’il y a des chiffres sous ces mares de sangs. De juteux marchés pour cacher les corps désossés. Pétrole. Gaz. Terres arables. Armements. Droits de pollution.  Mers et océans attiseront bientôt, leurs convoitises. Las. Très las. Le sens n’existe plus, enterré sans aucune cérémonie. L’argent n’a pas de sens. Il est là pour être amassé, compté, multiplié sans limite. Folie. Obsession. Décadence. Peut être que la vie est vide de sens ? L’argent serait donc là pour combler l’absence de sens. Illusions. Apaisement et angoisse mêlés. Argent, sens, après tout, nous cherchons à nous occuper. La vie est brève sur l’échelle du temps. Occupations d’argent pour éviter l’ennui. Je ne sais pas. Scepticisme profond. Et lassitude…

Le mouton noir

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